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09/06/2007

En Hongrie ultime spoliation - Un article de Florence La Bruyère dans Tribune juive

5cec17b091e47f12374cd3c674eacd56.jpgLe grès clair des "Monuments historiques" éclaire les façades sombres et patinées des maisons basses à un ou deux étages, datant du début du XIXème siècle et qui sont typiques du quartier juif de Budapest. Une manière de protéger ses bâtiments, dont le propriétaire, la municipalité du 7ème arrondissement, est souvent tentée de se défaire en les vendant plutôt que d'en assurer l'entretien. A Budapest, contrairement à Paris, la décentralisation a doté les mairies d'arrondissement de tous les pouvoirs. Et une fois les locataires expulsés et relogés, les acheteurs préfèrent détruire les bâtiments pour construire des immeubles neufs de sept étages.

Mais le combat d'Ovas, qui ne compte qu'une dizaine de membres actifs, Juifs et non-Juifs, s'apparente à celui de David contre Goliath. Au coeur de ce territoire que les Budapestois appellent Erzsébetváros (Elisabethville), les rues Hollo, Dob, Kazinczy, sont jalonnées de chantiers. Depuis 2002, la municipalité a vendu plus de quarante cinq terrains et maisons, dont une vingtaine a déjà été démolie, et semble engagée dans une course contre la montre. Ainsi, en janvier 2006, après une requête d'Ovas, deux maisons de style néo-classique ont été classées par l'Office des monuments historiques. Las ! La veille de l'entrée en vigueur de la décision de l'Office, la municipalité a délivré le permis de démolir et les deux édifices ont été réduits en poussière en quelques heures. "Même la seconde guerre mondiale n'acvait pas fait autant de dégâts ! Pourtant les pouvoirs publics ont l'obligation de protéger cette zone extrêmement riche en architecture art nouveau, éclectique et néo-classique, car en 2000, l'UNESCO l'a inscrite au Patrimoine mondial au titre de "zone tampon", dénonce l'architecte Anna Perczel, membre d'Ovas. Mais l'UNESCO, dépourvue de moyens de sanctions, n'a envoyé aucune mission à Budapest malgré les demandes répétées d'Ovas."

Source Tribune Juive n°28 du mois de juin 2007 par Florence La Bruyère
Photo : JPF

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