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18/11/2007

Le point de la situation au 18 novembre 2007

La mission d'expertise de l'UNESCO promise il y a quelques mois, a bien eu lieu du 5 au 7 novembre 2007. Selon nos amis d'Ovás! l'expert de l'UNESCO a pu bien entendu se rendre sur le terrain, constater la réalité des faits et rencontrer semble-t-il toutes les parties concernées, institutions et associations. Il devra remettre un rapport à l'UNESCO dans les prochaines semaines comportant un diagnostic et sans doute des propositions. Ce rapport peut éventuellement déboucher sur une mise à l'ordre du jour de la prochaine réunion annuelle du Comité du patrimoine mondial en juillet 2008, d'une procédure tendant à déclarer le site inscrit au patrimoine, en état de péril. Ce rapport permettra peut-être aussi de trouver des solutions et d'infléchir la politique des décideurs locaux.

Ce premier succès de notre action conjointe avec l'association hongroise Ovás! ne doit pas nous faire perdre de vue que la situation est en train de s'aggraver.
Voici des extraits de quelques messages que j'ai reçus ces derniers jours.
"La situation dans le quartier juif est pire qu'elle n'a été jusqu'à présent. Les autorités n'associent personne aux tractations qu'elles mènent à propos des démolitions. ...Budapest-capitale s'apprête à accepter le nouveau plan d'urbanisme, car il le juge meilleur que le précédent, mais les règles concernant le coefficient d'occupation du sol * ne changent pas et les décisions déja prises, les autorisations de démolir et de construire accordées ne sont pas remises en question. Ce qui signifie, en ordre de grandeur, des dégâts au minimum équivalents à ce qui s'est produit jusqu'à présent."
Voici un extrait d'un autre message d'un habitant, qui constitue un véritable appel au secours.
"... la Mairie du VIIème, sans en informer ni les locataires, ni le public, a vendu, en assemblée restreinte un bâtiment complet de 2670 m2 au prix de 250 Millions de HUF (1 million d'euros). La Mairie justifiait ce prix par une obligation faite à l'acquéreur d'indemniser les locataires.
Ensuite ce sont les propres services de la Mairie ou des sociétés de services dans lesquelles elle possède des intérêts ou qui sont déjà prestataires de services pour elle qui ont organisé les démarches nécessaires à l'acceptation par le Bureau du Patrimoine et par la Mairie principale de cette vente. Les magasins locataires à titre professionnel se sont vu dénoncer par la mairie leur contrat de bail sans aucune indemnité, avec uniquement 1 an de préavis.
Les locataires d'appartements qui sont toutes des personnes en situation précaires (retraités,...) , incapables financièrement et moralement de s'organiser pour défendre leur droits, se voient démarchés continuellement et mis devant un fait qu'on veut leur faire croire comme accompli. Ceux-ci n'ont pas bénéficié comme les autres Hongrois des facilités faites à l'accession à la propriété, étant par "malchance" locataires d'appartements classés au titre du patrimoine hongrois....
Un bâtiment classé c'est joli , il faudrait le protéger lui et ses habitants d'origine. Sans votre soutien je ne pense pas que nous pourrons nous pourvoir en appel, nous avons en face de nous des forces qui nous dépassent.
Nous avons un besoin urgent de ressources humaines."
Bien d'autres faits inadmissibles méritent qu'une protestation internationale parvienne aux autorités hongroises. Certains de ces faits sont rapportés sur le blog
http://sauvezbudapest.hautetfort.com/ où nous essayons de rassembler les témoignages et la documentation. Un exemple consternant : la démolition, avec l'accord du maire de l'arrondissement et du représentant de l'Office du patrimoine hongrois, afin de faciliter la construction d'un immeuble de 7 étages, du dernier vestige de l'ancien mur du ghetto construit par les Allemands en 1944 pour parquer les Juifs avant leur déportation. Les pierres du vestige ont été ... revendues par l'entreprise de démolition.
Le nombre des signataires de la pétition au Directeur du Patrimoine augmente chaque jour, il atteint aujourd'hui 295 signataires.
Dans ces conditions, il nous faut poursuivre la campagne de signatures et la mobilisation de l'opinion publique internationale jusqu'à l'arrêt des démolitions sauvages et le démarrage d'études d'urbanisme permettant la sauvegarde du patrimoine et le développement du quartier.
Nous adresserons prochainement des courriers accompagnés de la pétition, au premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsány, au ministre de la culture, au maire de Budapest et au président de l'Office du patrimoine hongrois.
*Le coefficient d'occupation du sol qui détermine la densité de construction admise est le rapport exprimant le nombre de mètres carrés de plancher hors oeuvre nette ou le nombre de mètres cubes susceptibles d'être construits par mètre carré de sol

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