Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22/11/2007

Le sort du vieux quartier juif de Budapest, sa situation actuelle - un article d'Anna Perczel - II - Que faut-il faire ?

 

II - Que faut-il faire?

 

D’abord il est nécessaire d’offrir une réelle protection à ce quartier! Il faut que le Plan de Gestion du site protégé UNESCO, prescrit au niveau international et qui s’adresse aussi à la zone tampon à laquelle appartient depuis 2005 le quartier juif, soit pris au sérieux par le(s) arrondissement(s) et l'Office du patrimoine (K.O.H.). Il ne s’agit pas de protéger seulement quelques bâtiments classés monuments historiques, mais le paysage urbain, le tissu urbain, la densité existante du bâti, les traditions, la culture, et, en lien avec tout cela, les habitants du quartier. Car on ne peut pas réfléchir sérieusement au futur d’un quartier, si en même temps s’y déroule un déplacement forcé de population, une construction massive de nouveaux bâtiments déprimants et sans qualité, et si les derniers espaces verts sont détruits.

Dans un tel quartier, où les traditions, la religion et la culture ont joué un rôle tellement déterminant, on ne peut pas se permettre de déplacer massivement les habitants, d’une part en démolissant en série les immeubles d’habitation, d’autre part en vendant les immeubles protégés à un seul propriétaire, détruisant ainsi la communauté des habitants, supprimant le tissu commercial (le réseau des petits commerces), les traditions.

Là où des rues entières ont déjà été détruites, c’est un crime de continuer les démolitions (voir rue Holló, rue Kazinczy et ce qui se prépare rue Dob).

Il ne faut pas regrouper des parcelles (rue Dob 23–25–27.), ou accorder le permis de construire à des bâtiments qui ne correspondent pas à l'échelle du quartier, avec un C.O.S. (coefficient d'occupation du sol) ) et une hauteur du bâti très différents de l'existant, et de qualité architecturale plus que médiocre (un exemple parmi beaucoup d'autres: 6 rue Holló, où un parking de 6 ou 7 étages est en train de se construire entre des bâtiments protégés de 1 et 2 étages, avec une emprise au sol de 100 %). Dans ce quartier aux rues étroites, presque sans aucun espace vert, la forte augmentation de la densité du bâti est inacceptable ; cela mène nécessairement à la suppression du peu d’espaces verts encore existant et à l’augmentation de la circulation automobile. On ne peut que s’indigner de voir la pauvreté, tant de la qualité des matériaux utilisés que de celle de l’architecture ( voir Holló-ház, 30–32 rue Dob, ou Eszter-ház actuellement en construction). Par ailleurs cette construction massive de logements n'est accompagnée que d'une seule fonction nouvelle : les stationnements, en sous-sol ou dans des bâtiments.

Le vieux quartier juif de Budapest se trouve dans la zone tampon du site de l’UNESCO de l’avenue Andrássy depuis 2002. Depuis 2004, grâce à l'action de l'association ÓVÁS!, le quartier est protégé en tant que « zone d’importance patrimoniale » (Mûemléki Jelentôségû Terület, MJT). La réhabilitation du quartier fait partie du plan Podmaniczky de la capitale. Pourtant, chaque bâtiment construit dans la première moitié du XIXe siècle qui n'est pas protégé individuellement est en danger (il s'agit de 20 à 25 bâtiments). Parmi ceux-ci, entre autres, au 14 et 18 rue Dob, les bâtiments classicistes d'un étage, jouxtant la cour Gozsdu, et formant avec celui-ci un ensemble harmonieux.

Cette situation est incompréhensible et inadmissible, d'autant plus que la présence d'ensembles de vieilles maisons d'habitation (1810–1875) qui donnent l'ambiance du Pest classiciste du 19-ème siècle ne se retrouve qu'ici et au centre-ville. Cependant, de telles solutions continuent à être préconisées non seulement dans les plans d'urbanisme précédents toujours en vigueur, mais aussi dans les nouveaux plans préparés depuis la déclaration de la protection (voir le plan d'aménagement concernant quatre ilôts de l'allée Madách qui a été approuvé en 2005, réalisé par Mûhely Kft., Nagy Béla). L'ambiance des rues, le caractère du quartier sont ainsi toujours en danger. Les locataires du quartier vivent toujours sous la menace d’une expulsion.

On n'a pas encore commencé à rédiger un plan nouveau, ni même un programme, qui prendrait le vieux quartier juif et ses habitants en considération et qui réfléchirait à la réhabilitation de ce quartier en le considérant comme une unité homogène à protéger en tant que patrimoine culturel et architectural. Dans les plans d'aménagement en vigueur actuellement on n'a pas formulé encore les exigences qui concernent la qualité et l'esthétique des bâtiments.

Il n'y a aucun plan ou programme qui proposerait la diminution du trafic automobile se dirigeant vers ce quartier ainsi que vers le centre-ville, sa limitation radicale ou même la réalisation d'un centre-ville sans voitures.

Les commentaires sont fermés.