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26/11/2007

Le sort du vieux quartier juif de Budapest, sa situation actuelle - un article d'Anna Perczel - VI - Vie culturelle et religieuse

 

VI- Vie culturelle et religieuse

 

Autour des trois synagogues de renom européen, un aménagement prioritairement piétonnier de l’espace public permettrait de relier symboliquement et physiquement cet ensemble qui, espace public, constitue le centre de gravité spirituel et architectural du quartier et son attraction touristique principale.

Il serait également profitable d'aménager une ou plusieurs pensions pour les communautés religieuses juives, car parmi les juifs il y a une tradition de visites collectives à l'étranger pendant les fêtes juives. (La communauté religieuse orthodoxe en a fait la demande expresse.) En ce qui concerne le Musée Juif, cela vaudrait la peine de présenter la vie de savants, d’explorateurs, de rabbins, d’artistes, d’architectes juifs de réputation mondiale et leurs relations avec ce quartier. On pourrait faire ça dans le cadre d'une grande exposition et aussi sur les lieux mêmes, par l'aménagement de musées, lieux de mémoire ou salles de lecture de dimensions plus réduites.

On devrait soutenir d'une façon accentuée l’établissement de, restaurants, cafés, charcuteries, boulangeries, pâtisseries, hôtels - expressions de l’hospitalité juive liée aux traditions, spécificité locale qui attire les touristes - et aussi des librairies, librairies d'occasion, ateliers d’artisanats anciens et modernes, et des magasins, par des exemptions d'impôt ou en mettant à la disposition des entrepreneurs des lieux adéquats.

Les communautés de jeunes Juifs ont aussi besoin de place. (Théâtre juif, marionnettes, rédactions, librairies etc.)

On doit ajouter à tout cela que les quartiers juifs européens formés pendant le XIXème siècle, parmi eux celui de Pest, n'ont jamais eu un caractère exclusivement juif. En 1913 la fondation Gozsdu a fait construire la cour Gozsdu, le passage légendaire du quartier composé d’une succession de six cours, et la seule église chrétienne orthodoxe roumaine de Budapest qui fonctionne depuis 1910 dans la rue voisine, au 8 rue Holló. L'Etat roumain a demandé la restitution du passage à l'Etat hongrois, son intention était d'y créer un centre culturel symbolisant la réconciliation hongroise-roumaine. C'est un fait regrettable que cette intention n’ait pu se matérialiser, car l'arrondissement a vendu le passage, après l'expulsion forcée des locataires, à un investisseur privé qui y construit des logements de luxe, des magasins de luxe, un club de fitness etc. Seule l'Église orthodoxe roumaine a récupéré la maison située au numéro 8 de la rue Holló. C'est pourquoi le centre culturel roumain qui ne peut s’installer que dans cette maison à un étage, aura nécessairement des dimensions beaucoup plus réduites qu’initialement prévues. Du côté hongrois on se devrait de subventionner ce projet, d’une part en contrepartie de l’occasion perdue suite à cette immense erreur, d’autre part à cause de la multiculturalité du quartier.

Cela vaut également la peine d'encourager l'établissement ou l'activité des jeunes artistes dans le quartier. On pourrait, par exemple, mettre à la disposition des artistes dans des conditions favorables les édifices, les espaces qui étaient voués à la démolition, mais qui sont classés maintenant grâce à l'initiative de l'organisation non gouvernementale ÓVÁS! et qui sont à présent inoccupés et dégradés - en offrant l'occasion d'y aménager des espaces d'exposition, des logements pour artistes, des studios, des ateliers, des cafés et des établissements hôteliers alternatifs. Tout ça attirerait les jeunes, les artistes, les touristes, et les édifices auraient aussi la chance d'être restaurés. En échange il pourrait leur être demandé par exemple d’aider à l'organisation de festivals, d’expositions, d’événements organisés dans les rues, dans la conception d’étalages etc.

Les festivals et les programmes de plein air ont joué un rôle important dans la réévaluation des quartiers juifs, dans le renforcement de leur vie touristique. On pourrait donc organiser, sans cependant chercher à imiter le Festival Culturel Juif qui a lieu vers la fin de l'été et qui a un grand succès, un festival annuel d'art contemporain (ce nouveau festival recèlerait beaucoup de possibilités). On pourrait organiser des manifestations de plein air liées aux fêtes juives et aussi des programmes artistiques, musicaux et des expositions de plein air, en fin de semaine dans les rues fermées à la circulation.

Les concours d'architecture internationaux sont aussi des moyens efficaces pour éveiller l'attention internationale. Les œuvres architecturales exceptionnelles dues à des concours internationaux ont eu un grand rôle dans la revitalisation de plusieurs localités, elles sont devenues souvent les emblèmes, les symboles de la ville ou du lieu (Bilbao, Sydney). Cependant, dans le vieux quartier juif de Pest et ses alentours, aux rues denses et à la densité du bâti élevée, il n'y a aucun espace ou projet de grande envergure qui pourraient justifier un tel concours international. Ici les trois synagogues constituent déjà une grande attraction architecturale et culturelle. De plus, l'Opéra, l'Académie de Musique, le Musée Ernst, le Club Fészek et beaucoup de théâtres se situent aussi à proximité. Ici c'est le quartier même - avec ses rues, ses édifices, ses traditions - qui constitue une attraction et qui doit être affirmé, rénové, revitalisé. C'est pourquoi je propose le lancement d'un concours international concernant les espaces publics; ce concours permettrait de définir le caractère de tout le quartier, en reliant les différents espaces et en donnant un élan à la réhabilitation de qualité des espaces publics. Deux sites seraient à privilégier : la place Klauzál et l’espace reliant les trois grandes synagogues, rues, places, passages. Cependant, si à la place de l'Institut de Ballet ou vis-à-vis de la synagogue de la rue Rumbach Sebestyén ou sur les dents creuses de la rue Dob on construisait un bâtiment nouveau ayant une fonction culturelle ou communautaire - donc au cas où l'endroit et le projet seraient appropriés -, un bâtiment issu d’un concours international et représentant la meilleure architecture contemporaine aurait ici une signification importante.

Commentaires

Le quartier juif de Budapest, avait déjà des signes de délabrement dans les années 80, 83 pour être précis.
Shalom
Jack NYC

Écrit par : jack/Matt | 28/11/2007

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