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29/11/2007

Le sort du vieux quartier juif de Budapest, sa situation actuelle - un article d'Anna Perczel - IX - Mettre en évidence les spécificités ...

  

IX - Mettre en évidence les spécificités des rues et des parcelles

Jadis chaque rue avait son rôle caractéristique. Aujourd'hui on ne peut presque plus le percevoir. Avec l'essor de la vie commerciale et touristique, les anciennes fonctions ont été remplacées par d'autres, nouvelles et très différentes. Je ne vais énumérer ci-dessous que quelques rues et quelques idées, propositions qui sont liées à leur nouveau monde et à leurs traditions vivantes, mais cette liste n’est pas exhaustive.

La section de la rue Dohány qui part de la rue Wesselényi – rue piétonne bordée de cafés

En raison de la grande affluence de visiteurs à la synagogue de la rue Dohány il y a déjà beaucoup de cafés, café-restaurants, restaurants dans la rue. On y peut arriver par plusieurs passages, du côté de la rue Rákóczi et du côté du boulevard Károly. Il est prévu que l’ancien passage renouvelé entre les 10, rue Dohány – 10, rue Síp soit rouvert. La largeur de la rue Dohány, l’alignement d'arbres existant, l’attractivité importante de la synagogue et du Musée Juif, son accessibilité, font de cette porte symbolique du quartier un point de rendez-vous idéal, un lieu de rencontre et d’attente, un point d’arrivée et de départ touristique. Toutes ces caractéristiques offrent la possibilité d’y créer un espace à priorité piétonne permettant une vie de quartier. Si on y limite la circulation automobile, la vie piétonne et le transport public peuvent facilement coexister. (Au contraire, le plan d’urbanisme de 2005 a proposé la déviation de la circulation vers la synagogue de la rue Dohány pour la réduire dans la rue Dob.)

La rue Kazinczy – la rue de la vie orthodoxe et celle des jeunes

Cette rue - au tracé irrégulier, étroite, d'un rythme fin, bordée de maisons basses, ayant une synagogue orthodoxe qui est considérée l'une des plus belles oeuvres du tournant du siècle et avec des magasins traditionnels, restaurant casher, boulangerie, charcuterie et bain rituel (mikvé, 16, rue Kazinczy) - est déjà la rue de la vie orthodoxe juive. On pourrait renforcer ce caractère de la rue en cédant à la communauté religieuse orthodoxe la maison de style classiciste à un étage (propriété de la municipalité et monument historique), qui se trouve vis-à-vis de la synagogue et qui a été sauvée de la démolition, pour y aménager une pension.

En raison de l’ouverture récente du centre culturel alternatif AKKU, dans le voisinage de la synagogue, et du jardin Szimpla au numéro 14, rue Kazinczy, la rue peut être également considérée comme la rue des jeunes. Ce caractère pourrait être renforcé si le bâtiment au 41, rue Kazinczy (inoccupé, en attente de démolition) devenait un premier foyer pour des jeunes gens et le petit bâtiment industriel au 50, rue Kazinczy pourrait accueillir le Bureau de gestion et de coordination chargé de la réhabilitation du quartier.

Un autre changement favorable pourrait être la transformation en hôtel ou immeuble d'habitation, de l'immeuble de bureaux qui se trouve vis-à-vis d'AKKU. Ce changement de fonction pourrait être relié à la transformation de la façade insignifiante, et la grande cour bétonnée et morne pourrait aussi être transformée en parc.

La rue Király – rue piétonne et commerçante

L'ancienne rue commerçante principale du vieux quartier juif, qui est bordée de monuments historiques, a connu une réhabilitation d’espace public mal interprétée, et s'est dégradée en une rue de desserte à circulation importante, encombrée de nombreuses places de stationnement et en même temps trop décorée. Cependant, la transformation spontanée des rez-de-chaussée donnant sur la rue, qui a commencé quelques années avant cette réhabilitation, a vu l’ouverture dans les espaces monumentaux, voûtés, représentatifs des vieux édifices de magasins de décoration intérieure (de design) et de nouveaux restaurants intéressants, libyens, syriens, ainsi que des cafés. Si les voitures stationnées qui occupent presque toute la surface du trottoir, les gigantesques jardinières en pierre et les bacs étaient enlevés, si les automobiles n’étaient pas seulement obligées de faire du slalom mais la circulation automobile était déviée, alors cette rue aurait des potentialités exceptionnelles, partiellement anciennes, partiellement nouvelles. Elle pourrait de nouveau devenir un lieu de promenade, de flânerie, d’achats, de terrasses de café, et on pourrait probablement y aménager de nouveaux restaurants et cafés.

Dans la rue il y a encore quelques magasins traditionnels, mais ça n’est plus tellement caractéristique, il y a surtout des magasins modernes qui permettent de découvrir les espaces intérieurs particuliers des vieux bâtiments. C'est également ici qu'on peut trouver le seul musée d’insignes (médailles) (on veut expulser le locataire dont l’aïeul a fondé l'affaire), c'est ici qu'on pourrait ouvrir de nouveau l'ancien Zur Stadt Wien, une brasserie très appréciée par Gyula Krúdy (la municipalité du VIème arrondissement veut démolir le bâtiment) ou vis-à-vis on pourrait rouvrir l'auberge Zur Stadt Pest. Pas loin de ces édifices il y a un café alternatif, le Kuplung, lieu de rendez-vous préféré des jeunes budapestois. (La municipalité du VIème arrondissement veut démolir cet édifice aussi.) À côté de celui-ci, dans l'édifice au 50, rue Király, vide depuis des années entières, propriété de la capitale, on pourrait établir un café littéraire avec une salle de théâtre, un espace d'exposition, une bibliothèque, qui pourrait avoir un rôle animateur semblable à celui du café hollandais Spinoza, qui fonctionne avec succès depuis trois ans déjà dans la rue Dob.

Il serait bien qu'on puisse entrer dans les cours des maisons de la rue Király, ou au moins y jeter un coup d'oeil – comme c’est le cas dans le Quartier du Château –, car les édifices de style classiciste de ces rues ont des cours intérieures particulières, qui offrent une expérience unique, tout comme les espaces des caves et des rez-de-chaussée. Cela serait possible si on mettait en œuvre la proposition des gens du quartier de faire de la rue non seulement une rue commerçante, mais aussi une rue des métiers et des arts,.

8, rue Rumbach Sebestyén

Vis-à-vis de la synagogue de la rue Rumbach Sebestyén il y a un grand terrain vide (3800 m²) à la place de la magnifique maison Jakabffy, absurdement démolie en 2002, qui a une position spéciale dans la structure de la ville et qui est aujourd'hui propriété privée. En raison de la proximité de la synagogue et du caractère de monument historique de cette section de rue, la solution la plus avantageuse serait la construction d'un édifice public culturel ou d'un hôtel. Dans le cas d’un bâtiment publique il faudrait organiser un concours afin d’assurer la qualité architecturale du bâtiment. Pour que l'on puisse transformer la rue Asbóth - cul-de-sac qui est bloqué par un gigantesque mur coupe-feu - en rue piétonne, il est indispensable que l'on assure un passage vers la rue Dob. Sur ce grand terrain qui pénètre profondément dans l’ilôt (38 m/100 m), on pourrait aménager un parc public intérieur lié au passage, en exploitant la position avantageuse de la parcelle dans la structure de la ville. De la rue Asbóth on pourrait passer dans la rue Dob en traversant le parc intérieur et le passage voisin. Sur cette parcelle on pourrait donc simultanément construire un nouveau bâtiment ouvert au public qui apporterait une nouveauté architecturale et enrichirait la vie culturelle ou touristique, aménager un parc, ce qui est tellement nécessaire dans le quartier et qui revalorisait l’environnement, ainsi qu’un passage piéton qui enrichirait la vie piétonne et commerciale du quartier. Le terrain est aujourd’hui un parking.

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