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02/12/2007

Le sort du vieux quartier juif de Budapest, sa situation actuelle - un article d'Anna Perczel - XII - Y aura-t-il de l’argent pour la réhabilitation ?

 

XII - Y aura-t-il de l’argent pour la réhabilitation ?

 

Si l'on conçoit la réhabilitation non comme une opération qui prend un ou deux ans, mais comme un processus de développement organique qui dure des années ou même des décennies, suivant un programme accepté, avec des financements multiples, alors on pourra sans doute obtenir des fonds suffisants. À partir de 2007 les financements européens pour certains types de réhabilitation seront beaucoup plus importants qu’auparavant. Le Fonds de Réhabilitation Urbaine et le Fonds des Monuments Historiques de la capitale sont toujours disponibles. Les investisseurs intéressés par les investissements à long terme s'associeront sans doute au Programme de préservation et de renouvellement, s'il existe. Le gouvernement de la République hongroise, au-delà de quelques mesures restrictives prévisibles, ne pourra pas continuer sa politique consistant à ne pas engager sa responsabilité pour ses sites inscrits au patrimoine mondial, pour la réhabilitation des quartiers historiques de la capitale, pour la conservation du vieux quartier juif de Pest. Si l'on fait abstraction de l'importance culturelle de la préservation des quartiers historiques – qui est un sentimentalisme selon l'avis de quelques uns – et l'on essaie de regarder le futur du quartier d'un point de vue pratique, il est malgré tout évident que la seule voie possible est le programme de préservation et de renouvellement. Le développement du tourisme est l'un des investissements les plus profitables. La destruction du vieux quartier de Pest causerait une immense perte à l’industrie touristique, sa rénovation - un immense profit.

Dans le cas d'un quartier qui a une histoire si importante, la démolition est une absurdité - même si l'on n’avait pas une somme très importante pour commencer. On pourrait avancer pas à pas - en commençant par établir le Bureau de gestion et coordination, rénover quelques bâtiments modèles, dévier la circulation automobile, lancer quelques concours d'architecture, préparer des programmes et mettre en place des débats publics, organiser des manifestations en plein air, attirer l'attention internationale et éveiller l'intérêt des investisseurs qui investissent à long terme - et attendre le moment où la réhabilitation attentive aux valeurs devient réaliste et le processus peut prendre de la vitesse. L’attitude qui consiste à refuser la réhabilitation en invoquant le manque d'argent et la situation des locataires, l'impréparation complète qui en découle, l'impatience presque hystérique et "l'envie de démolition" qui se manifeste surtout envers les maisons de type provincial, c’est-à-dire des maisons basses, à densité bâtie faible, avec peu d’appartements, construites vers le milieu du XIXème siècle dans un style classiciste ou néo-éclectiques, sont dues plus à l'espoir d'un profit immédiat, immense et incontrôlable, qu’à une quelconque préoccupation envers les gens qui vivent là.

Si les bâtiments restent à leurs places, au moment où la réhabilitation prendra son élan le quartier juif de Budapest pourra être renouvelé; la capitale et le pays s'enrichiront ainsi d'un quartier unique, magnifique, dont tous pourront être fiers. Si cependant l'impatience, l'impuissance, l'ignorance et l'âpreté au gain sont vainqueurs, Budapest va perdre, après tant d'autres, encore un de ses quartiers historiques, mais cette fois l'un des plus importants.

juin, 2006, Budapest

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