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05/03/2008

L'expert a dit : les démolitions-reconstructions représentent une perte réelle, très regrettable pour le quartier et ne sont pas compatibles avec un site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO

Michel Polge, expert de l'ICOMOS, s'est rendu à Budapest début novembre 2007, pour établir un constat de la situation dans le vieux quartier juif. Voici, un résumé du rapport qui vient d'être publié par les autorités hongroises (voir ci-dessous).
Diagnostic :
Le vieux quartier juif présente une qualité patrimoniale architecturale évidente et remarquable
Il possède beaucoup d'atouts pour la réhabilitation et pas d'obstacle majeur à sa mise en oeuvre.
Le quartier constitue un atout économique fort pour le tourisme.
A la question : les opérations de démolition-reconstruction posent-elles un problème pour le patrimoine mondial ? La réponse de l'expert est sans ambiguïté : oui c'est une perte réelle, très dommageable pour le quartier et n'est pas compatible avec un site inscrit au patrimoine
La réglementation actuelle est inadaptée pour une zone tampon du patrimoine mondial.
Une idée force en guise de conclusion du diagnostic : les problèmes sont d'abord de nature économique.

 Voici ses propositions :

pour les démolitions que faire ?

Ce qui est démoli il faut en faire son deuil
Ce qui ne l'est pas encore mais pour lequel il y a un permis de démolir, il faut tout réexaminer et éventuellement indemniser les bénéficiaires des permis.
Le règlement d'urbanisme date d'avant 2002 (date de l'inscription au patrimoine) et il est incompatible avec celui-ci.
Il faut édicter un moratoire sur toute démolition tant que le nouveau plan d'urbanisme compatible avec le Patrimoine établi en accord de toutes les parties n'est pas validé.

problèmes réglementaires

Un nouveau plan d'urbanisme doit être établi le plus vite possible en accord avec toutes les parties et après consultation publique.
Il faudrait revoir les hauteurs et densité à la baisse.
Pour les immeubles neufs, il convient de rechercher une qualité architecturale en rapport avec la qualité exceptionnelle du Patrimoine.
Constatant que les investisseurs achètent des logements à titre de placements en les laissant vides, l'expert propose de taxer les logements neufs inhabités pour améliorer l'offre locative.

la question économique
L'expert propose de mettre en place des outils économiques favorisant la réhabilitation notamment par le jeu de la fiscalité. A titre d'exemple en France, l'investissement dans la construction neuve est taxée à 19,6 % tandis que la réhabilitation bénéficie d'une TVA à 5,5 %, ce qui permet de réorienter l'investissement vers l'amélioration de l'ancien

Il fait également la proposition de constituer un atelier franco-hongrois pour traiter ce sujet avec un expert français. Le sujet de cet atelier pourrait être : "La fiscalité des sociétés privées au service de la réhabilitation de qualité dans les quartiers grande valeur patrimoniale".

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