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06/03/2008

Quartier juif de Budapest - Opération poudre aux yeux

Le quotidien Népszabadság (grand quotidien national, politiquement proche des partis au pouvoir et du maire du VIIème arrondissement) publie ce jour un article rendant compte de la conférence de presse organisée hier (voir ci-dessous) par Tamás Mezős, le président du KÖH, Tamás Fejérdy, dirigeant d'ICOMOS Hongrie et Imre Ikvai-Szabó, vice-maire de Budapest et György Hunváld, maire du VIIème arrondissement.
Le titre de l'article "Le rapport Polge réprimande mollement - Le quartier juif reste patrimoine mondial"
L'article souligne que les critiques les plus graves portent clairement sur le fait que les démolitions-constructions constituent un problème du point de vue du statut de patrimoine mondial toutefois la racine n'en est pas la sauvegarde du patrimoine mais elle est de nature économique.
Le rapport demande un moratoire or justement, un moratoire de 4 mois a été mis en place.
Les associations présentes ont mis l'accent sur le fait que malgré cela des démolitions ont eu lieu ces derniers mois dans la rue Sip [à 20 mètres de la grande synagogue] mais il s'avère que le permis de démolir datait déjà de 2006 et n'affectait que les structures intérieures.
Selon M. Polge la solution résiderait dans une fiscalité appropriée mais cette question relève du Parlement et elle est mise de côté régulièrement.
Le rapport ne menace pas de faire perdre le statut de Patrimoine mondial à l'avenue Andrássy et Tamás Mezős, le président du KÖH précise qu'il est en accord avec ce rapport et qu'ils préparent pour fin mars un plan de traitement des bâtiments classés qui sera intégré au nouveau règlement d'urbanisme en cours d'élaboration.
Les présents, Tamás Fejérdy, dirigeant d'ICOMOS Hongrie et Imre Ikvai-Szabó vice-maire de Budapest ont déclaré être d'accord avec les constats du rapport.
L'article fait ensuite un historique de la situation rappelle qu'Anna Perczel avait été chargée en 2004 de dresser un état de la situation et qu'elle avait établi que les projets en cours menaçaient un tiers des bâtiments du secteur de disparition et de nombreux bâtiments classés, etc. Il souligne aussi les transformations du quartier, les grosses "dents creuses" dûes à quelques bâtiments démolis. Et l'article de conclure "Le cours des choses n'a pas changé même si la tendance actuelle serait plutôt de conserver les façades. L'audit du Patrimoine mondial avait été demandé par les associations en janvier 2006."
L'analyse de Sauvez Budapest
En résumé, "Circulez y a rien à voir, nous pouvons continuer tranquillement nos petites affaires" semble dire cet article. Opération "contre-feu" engagée depuis la venue de l'expert d'ICOMOS en novembre. Première étape : on anticipe sur les recommandations du rapport d'expert qui était connu des autorités depuis plusieurs mois : on décrète un moratoire de 4 mois et on lance des études. Deuxième étape : le rapport d'expert arrive officiellement. La poudre est lancée aux yeux de tous : on a bien fixé un moratoire, les études sont en cours (en gros on conservera les façades et derrière on continuera à densifier le bâti et à monter des bâtiments de 7 ou 8 étages et la "presse amie" est chargée de minimiser le contenu du rapport de l'expert.
Il convient de rappeler toutefois que ce rapport d'expert n'avait pas le pouvoir de menacer les autorités hongroises de la perte pour l'avenue Andrássy de son statut de Patrimoine mondial. Ce rapport avait pour but d'éclairer les autorités hongroises sur ce qu'elles faisaient et d'éclairer le comité du patrimoine qui lui seul peut menacer les autorités hongroises de la perte du statut de patrimoine mondial.

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