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27/06/2008

Quartier juif de Budapest : son histoire urbaine jusqu'à ce jour par Anna Perczel (4/10)

L’époque de formation de la capitale (1873–1898)

En 1873, les trois villes jusqu’alors séparées, Pest, Buda et Óbuda étaient unifiées. Le temps de l’unification et, puis, les festivités millénaires de la Hongrie, c’est-à-dire, la période somptueuse entre 1873 et 1896, est l’époque de l’aménagement urbain à grande échelle, en même temps, du remodelage de la ville, jusqu’alors construite en style classiciste. C’est donc l’époque de la transformation de Budapest en une métropole éclectique. Avec la construction, selon le modèle parisien, de l’avenue Andrássy et du Grand Boulevard qui reliait les quartiers du côté gauche du Danube, Thérèseville fut divisée. En 1882, cette division structurelle fut suivie d’une division administrative – la partie au nord-ouest de la rue Király restait Thérèseville (Terézváros), alors que la partie au sud-est de la rue était renommée Elisabethville (Erzsébetváros).
Avec la construction de l’avenue Andrássy le rôle structurel – exceptionnel – de la rue Király a pris fin ; cependant, la vie commerciale et sociale de la rue est restée intense et fourmillante jusqu’en 1944, puis, de 1945 jusqu’à l’année des nationalisations, c’est-à-dire jusque 1949-50. Auprès des magasins et ateliers variés dans les rues on rencontrait des imprimeries et des librairies juives, des fumoirs cashers et des boulangers dans les cours, des chambres de prières aux étages, s'entremêlant avec les fameux établissements de nuit, ainsi qu’avec une grande nombre des cafés et restaurants. La plupart des magasins étaient fermés le samedi, mais tous les autres jours étaient ouverts jusqu’à minuit.

Aux bords des avenues et des rues nouvellement ouvertes des immeubles résidentiels à trois ou quatre étages étaient construits en style éclectique. Des nouveaux immeubles publiques sont apparus, entre autres le siège de la Communauté Israélite de Pest dans la rue Síp (1890) et les Halles du quartier (1897) à la place Klauzál. C’est à cette époque que la plupart des écoles, qui fonctionnent toujours, furent ouvertes aussi. Un peu plus loin, une nouvelle synagogue, plus petite et plus cachée que les autres, a commencé à fonctionner, à savoir, la synagogue talmudique (1885–89). Au long des rues intérieures, plus étroites et irrégulières – où les impressionnants immeubles bourgeois étaient déjà construits – la mesure de la transformation était bien moindre. Entre autres, c’était justement à cause de ces maisons d’habitation précieuses que le tracé de la nouvelle avenue Andrássy ne fut pas ouvert sur celui de la rue Király.

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