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29/06/2008

Quartier juif de Budapest : son histoire urbaine jusqu'à ce jour par Anna Perczel (6/10)

La période entre les deux guerres (1918–1945)

L’immobilité des décennies suivantes fut rompue au début des années 1930, par deux projets, entraînant des démolitions et la transformation de la structure urbaine. L’un était lié à la grande synagogue de la rue Dohány. Durant les années 1930-1931, l’ouverture de la rue Wesselényi, s’étendant jusqu’à la rue Dohány, a rendu possible de créer, sur la parcelle derrière la synagogue, le Jardin et le Temple des Héros, commémorant les dix mille soldats juifs tombés pendant la première guerre mondiale. Ce changement fut accompli avec beaucoup de sensibilité, en un style élégant, moderne, orientalisant. Ce nouvel ensemble, à partir de la rue Rumbach et de la rue Wesselényi, créant également un élargissement de la rue, donne une vue exceptionnelle pour les visiteurs. Tout ça était également lié à la construction du Musée et Archives Juifs où les architectes ont adopté le même style romantique que celui de la synagogue, en sorte que le spectateur non-initié penserait que les deux monuments sont contemporains. Grâce à l’espace nouvellement ouvert la synagogue se montre dans sa pleine beauté et est devenue ainsi la porte réelle et symbolique du quartier juif.

L’autre intervention, entraînant une transformation structurelle bien plus importante, était le projet de l’avenue Madách, lancée en tant qu’une contre-avenue Andrássy. Les maisons Madách donnant l’illusion d’une immense porte qui s’ouvre avec la place Madách et l’avatar de l’avenue Madách nous rappellent l’architecture impériale de Mussolini, et pourront bien servir en tant que symbole de l’aménagement violent des espaces urbains. La première victime de ce projet, conçu au début du vingtième siècle, mais réalisé seulement dès le début de 1937, fut la Maison Orczy, qui recelait l’histoire de presque cent-cinquante années. En même temps, le plan de la construction de l’avenue Madách, jamais réalisé, a préfiguré les plans modernes de la démolition du quartier juif, avec une conception urbanistique d’une violence encore plus grande (1990 et 1999).

La période la plus sombre de l’histoire du quartier est – naturellement – le temps de la Shoah. En 1944, au mois de décembre, le quartier juif traditionnel est devenu un terrain clos, un ghetto. Dans le domaine délimité par les rues Király, Dohány, Rumbach Sebestyén et Akácfa, étaient amassés soixante-dix mille êtres humains – surtout des hommes âgés, des femmes et des enfants – privés de tout droit, de toute possession matérielle et de toute dignité humaine. Les écoles ainsi que quelques maisons d’habitations à l’intérieur du ghetto, fonctionnaient en tant qu’hôpitaux, alors que la place principale du quartier, la place Klauzál, et le Jardin des Héros, originairement destiné à servir en tant que monument commémorant les soldats juifs tombés dans la première guerre mondiale, sont devenus des cimetières pour plusieurs milliers de victimes du ghetto.

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