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01/07/2008

Quartier juif de Budapest : son histoire urbaine jusqu'à ce jour par Anna Perczel (8/10)

Le quartier juif comme patrimoine culturel

Un patrimoine culturel négligé et dédaigné (1990–2004)

En 1990, après trois siècles de développement urbain, après des transformations multiples et des changements décisifs – malgré la disparition de certaines valeurs mentionnées ci-dessus –nous possédions toujours un quartier de valeur exceptionnelle, un quartier qui préservait encore la structure organique des rues et d’espaces urbains du 18ème siècle, où, tout au long de ses rues intérieures, l’ancien Pest classicisant était encore intact. Nous avions donc hérité d'un quartier déterminé par la culture et l’histoire de la communauté juive, toujours présente malgré toutes les épreuves historiques.

Les constructions d’immeubles de bureau des années 1980 ont infligé les premières blessures à l’unité de cet ensemble architectural et culturel unique. Cette unité a enfin reçu des coups fatals par les processus commençant en 1990 et s’accélérant depuis 2002, transformant la structure urbaine, démolissant, d’une manière irresponsable, les ensembles historiques, et les remplaçant par des nouvelles constructions sans valeur, de mauvaise qualité, violant le caractère du paysage urbain. Dans les années 1980 les plans de l’avenue Madách ont été ranimés. Le nouveau plan d’aménagement, qui transformait la conception de l’« avenue Madách » en celle d’une « allée Madách », était d’abord accepté en 1990, et puis, une deuxième fois, en 1999. Bien que selon ce plan l’« avenue » – entraînant la démolition de douzaines de maisons anciennes – ne sera pas réalisée, une partie de l’« allée » l’est déjà. La dimension des nouveaux bâtiments bordant l’allée qui mordent dans la structure organique, formée aux 17ème -18ème siècles, ainsi que des constructions historiques du 19ème siècle, est le multiple de celle des constructions traditionnelles du quartier. Alors, que dans les îlots à l’intérieur, le coefficient d’occupation du sol des anciennes maisons est 1.5-2.5, celui des nouvelles constructions peut atteindre 5.5-6, la densité du bâti peut atteindre 70-80%. Fort paradoxalement, tout ça doit être desservi par le réseau des rues étroites, hérité du 18ème siècle.

En 2002, une partie de l’ancien quartier juif (celle comprise entre la rue Rumbach Sebestyén, la rue Király, la rue Csányi, la place Klauzál, la rue Klauzál et la rue Dohány), est devenue la « zone tampon » de l’avenue Andrássy, protégée en tant que patrimoine mondial. En principe donc, elle est sous la protection de l’UNESCO. Malgré ce fait, on a continué la démolition des rues intérieures du quartier, un processus qui allait de pair avec l’évacuation des habitants. Par conséquent, aujourd’hui, dans plusieurs rues manquent des maisons irremplaçables qui, auparavant, avaient maintenu le tracé et le caractère originaux des rues. Les interventions visaient et visent toujours la partie la plus précieuse du quartier, à savoir sa structure organique. Les mêmes interventions n’épargnent pas les maisons d’habitation exceptionnelles construites à la fin du 19ème et au début du 20ème siècles, sans parler des ateliers industriels qui sont souvent liés avec; elles n’épargnent pas non plus les prestations juives traditionnelles du quartier. Tout cela, malgré le fait que bien des jeunes, ainsi que des communautés de jeunes, s’établiraient volontiers dans ce quartier, emménageraient dans les maisons délaissées destinées à la démolition, les rénoveraient et les rempliraient de vie à nouveau.

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