Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

31/12/2008

Erzsébetváros : la lettre d'un habitant

Parue le 11 mars 2007, sur le Blog des Mardis hongrois de Paris, cette lettre garde toute son actualité. Elle a une étonnante résonnance en regard des faits qui aujourd'hui sont rendus publics par la presse hongroise.

Une chose simplement n'y est pas dite, mais sans doute par scrupule de l'auteur qui ne pouvait affirmer sans preuve, c'est l'immense corruption qui préside à la politique urbanistique des arrondissements de Budapest et singulièrement celle du VIIème. Mais ça tout le monde le sait et le dit plus ou moins publiquement depuis longtemps.

Sébastien Nahon, l'habitant qui nous l'avait envoyée a, depuis cette lettre, été obligé de partir. Comme de nombreux habitants de ce quartier, il a été délogé.

"J'ai décidé de publier, avec son accord, la lettre suivante qui m'a été adressée par Sébastien Nahon, habitant rue Király dans Erzsébetváros. Elle donne un bon éclairage de la situation locale et a le mérite de faire des propositions de solutions constructives. Ces propositions méritent d'être examinées comme contributions possibles d'un plan de sauvegarde et de mise en valeur du quartier à élaborer.

Bonjour,

Merci pour cette pétition, permettez moi de vous fournir de plus amples renseignements concernant le quartier et les problèmes qu'il rencontre, ainsi que sur ses habitants. Car si l’on est logique et véritablement humaniste, on sait qu'un quartier n'a de sens que parce que ses habitants sont là !

Le problème que posent les "investisseurs" ne vient pas de leur qualité mais des intentions de certains et vous allez comprendre à la lecture de ce texte que le vrai responsable de la situation actuelle est en fait le propriétaire, à savoir les mairies d’arrondissement.
De ce fait, bloquer toute forme de privatisation, de vente des bâtiments protégés du quartier, risque de renforcer une situation injuste qui a assez duré sans pour autant permettre de sauver les bâtiments et le quartier.

L'injustice :
On doit prendre en compte le fait qu'une grande partie des bâtiments en question sont encore occupés par leurs locataires originels. Ceux ci n'ont pas pu bénéficier lors des privatisations des avantages accordés aux autres citoyens hongrois (achat à prix réduit de leur appartement) sous prétexte que les bâtiments en questions qu'ils occupent sont classés au titre du patrimoine.
La mairie devait faire les rénovations nécessaires pour ensuite (normalement) le leur vendre. Or elle n'a rien fait et elle les vend aujourd’hui pour "rien" à de faux investisseurs qui, eux, font de belles culbutes. En fait ils revendent à leur tour leurs participations (parts sociales) des sociétés créées pour l’occasion. Au passage le droit de préemption est bafoué à cause de la politique du "patrimoine". (KOH)
En effet, on n'accorde pas de droits aux locataires car le "patrimoine" interdit toujours à la mairie de vendre en partie les bâtiments classés tant que leur restauration n'a pas été faite !!!
Or si l’on analyse la situation actuelle du quartier, force est de constater (12 ans après les privatisations et les non privatisations des bâtiments du quartier) que pratiquement tous les immeubles qui ont été vendus à leurs locataires d'origine ont été rénovés. Ceux-ci ont effectué ces rénovations sans aucune modification des bâtiments et donc dans le respect profond du style du quartier. Ces locataires censés ne pas avoir d'argent ont en fait parfaitement su tirer profit des différentes possibilités de financement qui se sont présentées (fonds européens, mairie principale, mairie d’arrondissement, ...)
A l'inverse, les "démolitions" et les risques de démolitions concernent presque exclusivement des immeubles restés dans les mains des mairies (VI et VII), et là où la mairie a choisi de "vendre" à un unique investisseur ayant auparavant fait vider les lieux.

Responsabilité des mairies :
Précisons qu’à Budapest, contrairement à Paris, les conseils municipaux d’arrondissement ont plus de pouvoirs et de compétences que la Mairie de la capitale. Et, je pense que la mairie (les mairies) n'ont jamais eu l’intention de faire quoi que ce soit pour les bâtiments .
Volonté réelle de ne rien faire ou manque de compétences techniques et commerciales ? En tout cas les municipalités ont, en pleine connaissance de cause, laissé l’immobilier se dégrader et cela continue. Leur responsabilité est lourde et celle du "Patrimoine" aussi, il n'y a jamais eu de concertation avec les locataires, considérés comme des pauvres et des imbéciles.
Cette politique du silence et de lente dégradation des bâtiments classés a commencé il y a dix ans. De plus elle semble s'être accélérée intentionnellement :
Exemple : Au 25 de la rue Kiraly, bâtiment datant de 1810, classé au patrimoine, les gouttières ont été enlevées il y a 5 mois ! Il y a 10 mois, une partie des tuiles sur le bâtiment arrière (vidé depuis 5 ans de tous ses locataires) ont été systématiquement enlevées. Suite à ma plainte elles ont été remises (mais pas les descentes de gouttières !), sans qu'aucune enquête pour dégradation volontaires n'ait été menée (pourtant cette dégradation était volontaire, voir les photos jointes).
L'objectif de ce genre d'opérations est clair, il vise à pouvoir par la suite justifier les prises de décisions de la mairie :
-l'insalubrité et le danger que représente les bâtiments en question (un argument qui vient à point pour justifier que les locataires soient vidés des lieux)
- le coût exorbitant de toute rénovation en l'état et donc la nécessité de ne garder qu'une partie (la façade) et permettre la démolition du reste.

Les investisseurs :
Au niveau des investisseurs (les vrais), pas ceux qui ont acheté en première main à la mairie, je ne pense pas qu'ils soient tous récalcitrants à une rénovation visant à préserver la structure et le design originel des bâtiments. Seulement ayant acheté le bâtiment non pas directement à la mairie mais déjà à un autre propriétaire, leur coût réel d'acquisition ne permet pas une rénovation en l'état mais les conduit à rehausser l’édifice en ajoutant des étages (2ou 3 de plus) pour atteindre l'équilibre financier du projet et en tirer profit.

Voir uniquement la situation comme la résultante d'une volonté de super-profit par des investisseurs privés est réducteur. Ceci est toujours possible mais en l'occurrence la principale responsabilité est, soulignons le, celle de la mairie.

Conclusion et propositions :
Je propose :
1/ Que les bâtiments dans lesquels sont encore présents des locataires puissent être vendus à ceux-ci dans les conditions suivantes :
- constitution d'une assemblée de locataires avec statut juridique donnant à chacun X% des droits de vote en fonction de la surface actuelle qu'il occupe
- vente par la mairie de l'ensemble du bâtiment à cette entité juridique
- attribution à chacun du droit de propriété sur sa partie occupée
- parties vides (non occupées) restent dans la propriété de l'assemblée des locataires.
Les conditions financières de la vente doivent être les mêmes qu'il y a 12 ans (au moment où tous les autres habitants ont pu acheter leurs appartements)
L'assemblée des locataires devenus propriétaires doit pouvoir bénéficier de délais raisonnables pour la rénovation (la mairie avait 15 ans pour commencer les travaux lorsque ces bâtiments lui ont été donnés à titre gratuit par l'Etat !!!!, et on arrive en 2008 au bout des 15 ans)
Une aide technique et financière pourrait être attribuée par les organismes et associations hongroises et internationales en cas de besoin.

2/ Pour les autres édifices, ceux qui sont vides ou qui ont déjà été vendus à un propriétaire (1ère et deuxième mains) il faudra faire je crois du cas à cas et organiser des réunions pour bien comprendre les vraies situations de chacun.

Salutations
Sébastien Nahon"

Quartier juif de Budapest : la corruption et les destructions, jusqu'à quand ?

L'enquête sur les combines et menées des politiciens corrompus du VIIème arrondissement de Budapest, qui aboutit aujourd'hui à mettre 9 personnes en examen a démarré il y a... plus de deux ans. Tout a démarré par une plainte déposée par les locataires du 15, rue Király et soutenue par les associations.

Source HVG.HU et Magyar Narancs

La justice et la lutte contre la corruption semblent bien moins rapides que les transactions immobilières véreuses entre investisseurs et politiciens. La propriété des immeubles change de mains à une vitesse vertigineuse. Les bénéfices prodigieux et les flux d'argent sont sans frontière (sociétés à Chypre, aux Seychelles, fonctionnaires et élus du VIIème, etc.), dans une totale opacité.

L'enquête, qui dure depuis plus de deux ans, a enfin débouché sur la mise en examen de 9 personnes mais ne concerne que 14 immeubles. Il est vraisemblable que seuls des lampistes aient été inquiétés pour le moment. Peut-être, les autorités hongroises pensent-elles éteindre le feu de cette manière.

En réalité, selon des sources fiables, c'est une centaine d'immeubles qui auraient été vendus selon les méthodes frauduleuses décrites dans la presse. Et les politiques et hauts fonctionnaires responsables de ce scandale courent toujours. Et les démolitions se poursuivent... Et le saccage du patrimoine budapestois, hongrois, mondial continue au profit d'une poignée de gangsters.

09:38 Publié dans urbanisme | Lien permanent | Commentaires (0)

Les ventes d'immeubles à Erzsébetváros : les combines de la municipalité du VIIème arrondissment de Budapest

Source HVG.HU

Erzsébetvárosi ingatlaneladások: az önkormányzat trükkjei

erzsebetvaros_trukkok_big.jpg

30/12/2008

Quartier juif de Budapest -25-27-29 rue Király - Pendant l'enquête... les affaires continuent

 

25-29 rue Király.jpg

"Les locataires ont appris, par hasard, en 2004, que la municipalité du VIIème arrondissement vendait l’immeuble dans leur dos à la SARL du 27, rue Király, au nom de laquelle, l’entrepreneur György Nagy marchandait avec les habitants. Au début de l’année 2008, l’arrondissement, de manière inattendue, a dénoncé le contrat à option passé avec la SARL du 27, rue Király, en se référant au fait que la Société n’avait pas pu s’accorder avec les locataires avant le délai de fin 2007 [Condition du contrat pour que la SARL devienne propriétaire NDT]. (La police avait commencé à enquêter suite à la plainte déposée en 2006 dans l’affaire des ventes d’immeubles, fin 2007 le procureur général s’était saisi de l’affaire, selon certains avis cela a aussi pu jouer un rôle dans la dénonciation du contrat.) La SARL du 27, rue Király se retrouvant le bec dans l’eau suite à la dénonciation du contrat a engagé un procès contre la municipalité, et a demandé une inscription au greffe [trad. approximative d’un terme juridique] pour l’immeuble. L’arrondissement – contrairement à ses pratiques précédentes – a lancé un appel d’offre qui a été gagné, en offrant un prix de 1,8 milliards de forints (7,2 millions d’euros), par une filiale de Autóker Holding, la SARL Király Developments qui a aussi joué un rôle dans la reconstruction de la Cour Gozsdu. Dans les semaines qui ont précédé la publication des résultats, on a vu réapparaître György Nagy, qui déjà au nom de cette dernière société avait essayé de convaincre les locataires."

*********************************************

"A bérlők 2004-ben, véletlenül tudták meg, hogy az önkormányzat eladja fejük fölül az épületet a Király 27 Kft.-nek, amelynek nevében Nagy György vállalkozó alkudozott a lakókkal. A kerület 2008 elején váratlanul felmondta a Király 27 Kft.-vel kötött opciós szerződést, arra hivatkozva, hogy az nem tudott a 2007 végi határidőre megállapodni a bérlőkkel. (A házeladások ügyében 2006-ban tett feljelentés ügyében a rendőrség kezdett nyomozni, 2007 végén a főügyészség magához vonta az ügyet, egyes vélemények szerint ez is szerepet játszhatott a kontraktus felmondásában.) A hoppon marad Király 27 Kft. a szerződésbontás miatt pert indított az önkormányzat ellen, és perfeljegyzést kért az ingatlanra. A kerület - eltérően a korábbi gyakorlattól - ezután pályázatot írt ki, amelyet az Autóker Holding cége, a Gozsdu-udvar átépítésében is szerepet játszó Király Developments Kft. nyert meg, 1,8 milliárdos árat kínálva. Az eredményhirdetés előtti hetekben ismét feltűnt Nagy György, aki már ez utóbbi cég nevében győzködte a bérlőket."

Extrait d'un article de Népszabadság du 23 décembre 2008 déjà cité sur le présent blog

La mascarade d'enquête... les affaires continuent au 25-27-29 rue Király

Fin novembre, j'ai photographié des affichettes punaisées sur les portes, informant les locataires d'un accord intervenu entre la mairie du VIIème et la société Király developments Kft concernant l'achat et vente des logements 25-27 et 29 rue Király et qu'ils allaient être contactés.

PB260212.jpg
PB260213.jpg
PB260236.jpg

Mais, fin novembre 2008, il y a eu un léger contretemps, la révélation du "Panama d'Erzsébetváros", l'arrestation de György Nagy bientôt suivie de l'arrestation de György Gál et de la mise en examen d'au moins neuf personnes.

Aux dernières nouvelles, György Nagy vient d'être libéré et à peine remis en liberté, il a installé son bureau au 27, rue Király, d'où il organise le déménagement des habitants des 25, 27, 29 rue Király, comme si de rien n'était. Et bien évidemment les vrais responsables politiques, corrompus jusquà la moelle, poursuivent leurs activités de destruction...

 

28/12/2008

Les votes concernant les finances demeureront secrets à Erzsébetváros - Titkosak maradnak az erzsébetvárosi vagyoni szavazások

Les élus d'Erzsébetváros (Budapest VIIème arrondissement) ne publieront pas leurs votes concernant les affaires financières et il ne se constituera pas non plus de commission ad-hoc pour enquêter sur les soupçons de malversations du "Panama" d'arrondissement, ainsi en a décidé le conseil municipal lors d'une séance extraordinaire. Les deux propositions émanaient du FIDESZ (parti de l'opposition de droite au sein du conseil municipal du VIIème arrondissement).

*********

Nem hozzák nyilvánosságra az erzsébetvárosi képviselők vagyoni ügyekkel kapcsolatos szavazásait és ad-hoc bizottság sem alakul a panamagyanús ügyletek kivizsgálására - döntött rendkívüli ülésén a képviselő-testület. Mindkét javaslat a Fideszé volt.

La suite de l'article en hongrois dans Népszabadság du 23 décembre 2008

23/12/2008

Passage Hôtel : la publicité... la réalité

La publicité

"Ce n'est pas par hasard que la rue Király est un des plus beaux sites délicatement rénovés du quartier Juif historique.
A l'emplacement de l'actuel Hôtel Passage se trouvaient d'anciennes maisons de rapport et des commerces, pour la plupart détruits par la deuxieme guerre mondiale.

Les terrains vagues ont été achetés en 2004 par un des plus grands groupes d'investissement immobilier espagnol, la société Fadesa Hungaria Rt.
Il s'agissait de trois terrains, qui ont été réunis et couverts pour former un passage qui réunit la rue Király avec la rue Paulay Ede, située derrier elle, et il a été créé un ensemble d'immeubles agréable, couvert, de style méditerranéen.
Dans l'immeuble on trouve des appartements, un hôtel, un centre de conférences, des unités de restauration et de distractions, des commerces et un parking.

En résultat de cet investissement, l'Hôtel et Centre d'Évenements Passage a déja ouvert ses portes, et le centre de Budapest s'est enrichi d'un centre culturel et de distractions offrant d'excellents services." Source Passage Hôtel

La réalité

Les copropriétaires ont voulu se retourner contre le promoteur mais la société espagnole Fadesa n'existe plus.Tout cela se passe rue Király la rue centrale du quartier juif de Budapest

PB260195.jpg
PB260196.jpg
PB260198.jpg
PB260199.jpg
L

PB260200.jpg

Maison par maison le "Panama" d'Erzsébetváros - Panama házról házra az Erzsébetvárosban

Le quotidien national Népszabadság, démonte, maison par maison, dans un article atterrant, l'énorme scandale politico-immobilier du quartier juif de Budapest.
On retrouve quasiment les mêmes mécanismes. Pour simplifier :
Une société amie de la municipalité "achète", sans appel d'offre, à la municipalité des droits de propriété sur un immeuble pour un montant dérisoire, à condition qu'elle reloge les locataires. Puis il y a une cascade de reventes avec des flux de bénéfices successifs, à des sociétés off-shore de Chypre, d'Irlande, des Seychelles dont certaines font faillite. Au final, les habitants sont poussés à partir par différents moyens de pression alors qu'ils auraient selon la loi un droit de préemption, les immeubles classés sont démolis et dans le meilleur des cas des HLM de grande taille sont bâtis à leur place.
Et tout ceci se fait sous la houlette du conseil municipal et la complicité active de l'Office de protection du patrimoine culturel, le KÖH. L'enquête en cours devra déterminer qui est corrompu et qui agit ainsi pour d'autres motivations.
Pour le moment, cette affaire touche 9 suspects dont 3 individus sont en détention préventive.

Un exemple de la mécanique mise au point par les politiciens véreux du VIIème arrondissement.
"Selon les soupçons, le président du secrétariat financier municipal et l'investisseur, pour ne pas attirer les soupçons ont placé leurs petites amies comme dirigeantes de la société constituée entre eux. L'immeuble a été évalué initialement à 42,5 millions de forints (environ 170 000 €). La société véreuse a revendu ses droits d'acheteur potentiel avec un bénéfice de 95 millions de forints (environ 380 000 €) à un investisseur étranger. L'immeuble de style classiciste construit en 1891 a été démoli l'année dernière. (Voir la photo au 18 A, rue Rozsa)

"A gyanú szerint a bizottsági elnök és a vállalkozó, közösen alapított cégében - hogy ne derüljön ki az öszszeférhetetlenség - barátnőiket tették meg tagoknak. A szintén előzetesben lévő ingatlan-értékbecslővel az épületet az előre megbeszéltek szerint 42,5 millió forintra értékeltetik. A strómancég 95 millió forintos haszonnal adta tovább az ingatlan vételi jogát egy külföldi befektetőnek. Az 1891-ben épült, klasszicista lakóházat tavaly bontották le."
L'article complet dans Népszabadság du 23 décembre 2008

22/12/2008

Erzsébetváros : au-dessus des lois

"La police a arrêté le député du SZDSZ, György Gál, suspecté de fraude à grande échelle et d’autres crimes liés. Selon les accusations, le président du comité économique de la mairie du 7e arrondissement, Erzsébetváros, et un entrepreneur, György Nagy, ont coopéré afin de vendre 8 bâtiments, propriétés de l’autorité locale, à des sociétés offshore. La mairie a perdu 700 millions de HUF sur les ventes. Le parquet estime que le député du SZDSZ a perçu quelques 195 millions de HUF de György Nagy pour avoir rendu possible ces tractations. Le maire de l’arrondissement, György Hunvald est aussi soupçonné d’avoir participé à l’affaire car sa signature apparaît sur certains contrats." Lire l'article sur Le Journal francophone de Budapest

21/12/2008

Erzsébetváros

La traduction d'un article signé Iván Bächer dans Népszabadság du 20 décembre 2008

Il exprime malheureusement mais très précisément les données du problème qui sous-tend la destruction du patrimoine hongrois

"Ces derniers jours, je viens de relire le beau livre d'Anna Perczel "Védtelen örökség" (Patrimoine sans protection). Je l'avais déjà parcouru l'an dernier quand il était paru, mais là, à entendre les informations, je l'ai pris en main, et je l'ai relu, jusqu'au bout, méthodiquement, de la première lettre jusqu'à la dernière.

Le volume, édité l'an dernier, par les soins de la municipalité de Budapest, illustré de façon circonstanciée, par les magnifiques photos de Endre Lábass, contient la description de cent vingt trois maisons d'Erzsébetváros-centre. On peut apprendre quand le bâtiment a été construit, qui l'a conçu, dans quel style, quelles transformations il a subi, ce qu'il y avait à l'intérieur, et ce qu'il y a aujourd'hui, qui l'ont habité autrefois, et qui l'habitent ou ne l'habitent pas aujourd'hui. Si toutefois, la maison existe encore. Car souvent elle n'existe plus.

J'ai lu le tout d'un trait comme un roman. Car, aussi bien, c'en est un. C'est le roman d'un pan de la ville, c'est un livre d'histoire, mais ce n'est pas que cela, car en même temps il est palpitant, émouvant et finalement affligeant, car c'est un vrai polar.

Il parle de la manière de voler une ville. Faire main basse sur des maisons séculaires, expulser ses habitants, détruire les maisons, à leur place en édifier des laides, sans caractère, inappropriées au secteur et combiner le tout, qu'en même temps pas un centime ne sonne dans les caisses de l'arrondissement.

A travers les pages du formidable livre d'Anna Perczel, se dessine précisément comment et par quel moyen les différents groupes d'intérêts se sont partagés le territoire. Telle S.A.R.L. fait un tabac avec l'épouse de son architecte dans l'une des rues, l'autre holding reçoit l'autre pâté de maisons avec sa propre équipe, la troisième société anonyme la suivante, et ainsi de suite. Avec quelques miettes pour l'ex-dirigeant de la communauté juive.

Par ailleurs, dans toute l'histoire - pour aussi l'exprimer délicatement - l'Office de protection du patrimoine culturel (KÖH) a joué, et joue, un jeu bizarre, dans lequel il renonçait avec une grande facilité à des bâtiments d'une valeur réelle.

Les braves dirigeants du septième arrondissement ont pesé leur ville au kilo.

Il faut mettre l'accent sur le fait que ce n'est pas d'aujourd'hui que la lumière s'est faite sur tout cela : l'association Óvás! et ses membres ensemble et séparément se battent depuis des années contre la destruction de la ville et ils affirment depuis des années que ce qui se passe est un vrai crime et n'est pas seulement criminel sur le plan du droit, mais également sur le plan de la morale et de la politique.

Le dénommé quartier juif n'était pas seulement un quartier juif, mais le théâtre de la vie de Grecs, Roumains, Serbes et de plus en plus de Tziganes qui se côtoyaient paisiblement. La cour Gozsdu aurait pu donner l'occasion sans équivalent, sur la base de projets déjà existants - bien sûr associatifs - que prenne naissance en cet endroit le centre culturel des Roumains de Hongrie, le maintien des liens entre Hongrois et Roumains, leur appartenance commune au plan symbolique et sur le terrain réel et des institutions. Soit dit en passant c'était la demande de la fondation Gozsdu et de l'Etat roumain, et même leur revendication.

Bien sûr les représentants du septième arrondissement ne s'occupaient pas de telles vétilles. Eux étaient compétents à effacer le passé, à l'extraction des racines.

Les « gardiens » du quartier juif n'étaient même pas capables de protéger les vestiges mémoriels du mur du ghetto d'autrefois. Pourtant cela leur a été demandé, cela leur a été exigé et cela n'aurait rien coûté. Seule, l'histoire se serait diffusée de là, le passé, la mémoire. Les seigneurs de l'arrondissement n'ont rien à voir avec de telles choses.

Ce quartier aurait pu devenir une curiosité du tourisme étranger sans équivalent : c'est le seul quartier européen où des juifs pratiquants ou des ex-juifs vivent encore, dans lequel il y a encore des temples qui fonctionnent, des communautés, des institutions juives, des cuisines, des pâtisseries, des bains, des usines, des petites entreprises, des ateliers, des imprimeries, des vieilles boutiques. Peu de villes européennes auraient pu présenter des ateliers de fonderie de cloches et des usines de fabrication d'insignes, des ateliers d'orfèvres, des fours à patiner, dans un rayon de quelques centaines de mètres.

Tout cela a survécu à la Commune [Révolution de 1919 – NDT], à la contre-révolution, au nazisme, au ghetto, au siège [de Budapest en 1945 NDT], il a survécu à l'époque Kadar. Il n'a pas survécu aux socialistes et aux libres-démocrates.

Les noms des rues Kertész [jardinier], Akácfa [acacias] rappellent qu'autrefois, ici c'était la province des jardins budapestois. Mais même après l'urbanisation, il y a deux cents ans, les acacias, les vinaigriers, les platanes dans les cours de la plupart des maisons donnaient de la douceur. Par contre, les immeubles neufs sont construits, quasiment sans exception en utilisant cent pour cent du terrain.

Je serais curieux de savoir si, l'ennemie jurée et exterminatrice de chaque branche d'arbre et feuille d'arbre d'Erzsébetváros, Agnès Streit, apparemment architecte en chef officieux d'Erzsébetváros, habite dans une maison avec jardin. De toutes manières j'ai une intuition.

Le conseil municipal détruit tout ce qui ici a des racines : maison, verdure, humain.

PB260242.jpg

Il est curieux que seul un ou deux immeubles sont en propriété privée familiale dans le quartier, sur ceux-là les propriétaires veillent et ils conservent aussi les anciennes valeurs de manière exemplaire : veuillez regarder la maison au 9, rue Király à titre d'exemple.

La municipalité est un mauvais gardien. L'histoire éclaire de manière crue la terrible déficience de la loi sur les municipalités dont les conséquences, surtout à Budapest font qu'elles peuvent gouverner dans les fiefs qui leur ont été confiés non pas comme des propriétaires, mais comme des bandits de grand chemin.

Et d'une manière générale : tout le nouveau capitalisme hongrois tend ses bras devant nous comme un bébé monstrueux spécifique : la corruption d'une profondeur insondable des partis et des municipalités et la grande coalition depuis longtemps réalisée sur la prise en considération du vol.

Evidemment, il n' y a pas un citoyen de Budapest qui croirait que cet abus des biens sociaux de la ville soit le fait exclusif du seul septième arrondissement. La technique elle-même, par exemple, a été mise au point par ceux du sixième arrondissement, eux peuvent fièrement en revendiquer le copyright.

Mais finalement cela pourrait déjà être dans l'ordre des choses, ils volent, que pouvons-nous faire, ils volent, ils volent à quelques-uns, ce sont des politiciens, des fonctionnaires, des dirigeants de l'Etat. On s'y est déjà habitué, nos yeux ne tressautent même pas, on ne sait pas quoi faire contre cela. Mais qu'en même temps ils anéantissent notre propre ville, notre passé, notre culture, cela c'est un peu plus que trop.

Je ne crois pas qu'il y aurait un habitant d'Erzsébetváros sain d'esprit qui après cela en 2010 voterait pour un quelconque des partis de la coalition actuelle. Et si, la soi-disant – ça il faut toujours le rajouter, la soi-disant – gauche perdait les élections dans le septième arrondissement de Budapest, alors qu'y aura-t-il ailleurs ?

A tout cela il n'y a pas d'autre explication plausible, que dans la Hongrie d'aujourd'hui l'opposition de toujours se paye, les socialistes et les démocrates libres, peuvent conclure d'un coeur léger qu'ils perdront les prochaines élections. Et, visiblement ils font aussi tout pour que cette défaite soit humiliante, qu'elle soit totale et anéantissante.

Ils réussiront.

Eux, même dans ce cas ils auront leur argent.

Il n'y a que nous qui payons le supplément et beaucoup.

Parce que le vainqueur probable n'est ni citoyen, ni conservateur, ni nationaliste, et même pas de droite, il est menteur et corrompu comme l'autre, seulement en plus il traîne derrière lui la puanteur des idées des sombres chacals. [difficile à traduire, allusion aux compromissions du FIDESZ, parti d'opposition de droite avec l'extrême droite « Garde hongroise et jobbik »NDT]"

************************************************

A napokban újraolvastam Perczel Anna Védtelen örökség című szép könyvét. Átlapoztam már tavaly is, amikor megjelent, de most, a hírek hallatán, kézbe vettem, és elolvastam újra, végig, rendesen, az első betűtől az utolsóig.

A tavaly a fővárosháza gondozásában megjelent, Lábass Endre gyönyörű fotóival akkurátusan illusztrált kötet százhuszonhárom belső-erzsébetvárosi ház leírását tartalmazza. Megtudhatjuk, mikor épült az épület, ki tervezte, miféle stílben, milyen átalakítások estek meg vele, mi volt benne, és mi van ma, kik lakták egykor, és kik, avagy kik nem manapság. Ha egyáltalán megvan még a ház. Mert gyakorta nincsen.

Úgy olvastam egyvégtében az egészet el, mint egy regényt. Mert hogy az is. Egy városrész regénye, történelmi regény, de nemcsak az, hanem egyben izgalmas, felkavaró és végül is kétségbeejtő, mert igaz krimi.

Arról szól, hogyan kell egy várost ellopni. Évszázados házait megkaparintani, lakóit kitelepíteni, a házakat lerombolni, helyükre rondát, jellegtelent, nem ide illőt emelni, s mindezt úgy megcselekedni, hogy közben a kerület kasszájába egyetlen fillér be nem cseng."

La suite de l'article sur Népszabadság du 20 décembre 2008