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01/12/2007

Le sort du vieux quartier juif de Budapest, sa situation actuelle - un article d'Anna Perczel - XI - Y avait-il de l’argent pour la réhabilitation ?

  

XI - Y avait-il de l’argent pour la réhabilitation ?

Depuis presque 16 ans tout ce qu’on entend c’est qu'il n'est pas possible de conserver les vieux quartiers, car ils sont dégradés et qu’on n'a pas l'argent nécessaire à leur rénovation. Lorsque chez nous on parle de "développement immobilier", il s’agit uniquement de démolition de la plupart des vieux édifices et la construction à leur place d’immeubles beaucoup plus grands. C’est considéré comme la seule voie possible, comme une sorte de formule magique. Le sort des quartiers anciens est alors déposé entre les mains de quelques investisseurs, car c'est eux qui ont l'argent ou plutôt la possibilité d'obtenir des crédits bancaires, ils pourront résoudre tous les problèmes, c’est-à-dire qu’ils démolissent et construisent. On peut entendre ce raisonnement particulièrement souvent dans le cas du vieux quartier juif de Pest où sur la base de cet argument on fait disparaître systématiquement et avec désinvolture toutes les valeurs qui se sont formées pendant les 200 ans d'histoire du seul quartier commerçant juif de la ville et qui y subsistent encore, malgré les graves changements historiques et malgré les destructions de la guerre.

Conformément à cette approche, la réglementation urbaine en vigueur permet une densité du bâti (coefficient d’occupation des sols de 6) soit plusieurs fois la densité du bâti actuel du quartier par ailleurs protégé (coefficient d’occupation des sols de 2-2,5). On comprend bien que si l'on construit des édifices à huit étages à la place de ceux à 2-3 étages, l'affaire est profitable. La municipalité a une autre pratique générale, plus avantageuse même du point de vue des investisseurs: elle ne lance aucun appel d'offre dans le cas des immeubles dont la valeur est inférieure à un milliard de forints (environ 4 millions d’euros), mais elle les cède selon des accords personnels à un prix très bas à l'acheteur de son choix. Si l'acheteur doit supporter les dépenses liées à l'expulsion des locataires, il peut les déduire du prix d’achat, il ne reste donc rien à la municipalité.

Un changement important pourrait survenir si la municipalité ne vendait pas les maisons à l'insu des habitants et des locataires des magasins pour qu'ils soient expulsés souvent de force, mais par appartement et magasin, aux locataires qui les occupent, ainsi elle pourrait obtenir plus d'argent immédiatement, dans un souci de transparence comptable.

Depuis 2002 la municipalité du VIIème arrondissement s'est ainsi débarrassée de 47 propriétés immobilières (dont au moins 13 ont été vendus à un seul acheteur pendant la première vague de vente!). Certains d’entre eux étaient des terrains vides, mais la plupart était des immeubles d'habitation. Selon la loi sur l'habitat de 1995, l'argent de la vente d’immeubles d'habitation et d’appartements doit seulement être utilisé pour la réhabilitation! Étant donné que malgré les dispositions de la loi concernant l'utilisation de l'argent et du patrimoine publics, jusqu'en 2005 on n'a nulle part mis en évidence publiquement la somme obtenue de la vente des immeubles, on ne peut que faire des suppositions concernant les revenus obtenus de la vente des 47 immeubles. En connaissant la somme de quelques contrats immobiliers (les sommes connues tournent autour d'un prix approximatif de 116 000 Ft/m2) et en généralisant, bien sûr, la somme résultant de la vente des 47 immeubles est de plus de 10 milliards de forints (en supposant que la municipalité a reçu ou recevra éventuellement l'argent ). Cependant, la somme aurait été beaucoup plus importante dans le cas d'un appel d'offre publié.

En vertu de la même loi sur l'habitat, la moitié du revenu obtenu de la vente d'un appartement doit être versé au Fonds de Réhabilitation Urbaine de la Capitale. Les arrondissements peuvent ensuite solliciter des subventions auprès de ce fonds, utilisable seulement pour des réhabilitations. La somme sollicitée peut être un multiple de celle versée. Cette obligation de versement se rapporte également à la somme résultant de la vente d'un seul appartement à son locataire et à celle résultant de la vente de plusieurs appartements d'une maison à la fois, à un seul propriétaire. Le VIIème arrondissement a jusqu'ici négligé cette obligation (ainsi que le VIème arrondissement), et il n'a jamais utilisé les ressources du Fonds.

Dans le cas du VIIème arrondissement, la capitale a estimé la somme totale non-payée résultant de la vente individuelle d’appartements aux locataires à 2,5 milliards de forints jusqu’en 2002.

En 2005 la capitale a offert 1,4 milliards de forints au VIIème arrondissement pour commencer la mise en oeuvre de la réhabilitation du quartier juif, à condition qu'il le déclare « zone de réhabilitation » et qu'il interdise les modifications! Jusqu'à aujourd'hui, l'arrondissement n'a pas sollicité cette somme.

Naturellement, la réhabilitation de la zone entière coûte plus que la somme obtenue des ventes des appartements et des immeubles, le fonds de la capitale ne suffirait pas à la rénovation de tous les immeubles collectifs privés ou appartenant à la municipalité, et une vraie réhabilitation est beaucoup plus que la rénovation individuelle des édifices. La réhabilitation est un processus long et complexe, qui dure des années et même des décennies ; il peut être divisé en phases de plusieurs années et financé par plusieurs sources. De toutes façon il y aurait eu de l'argent pour commencer le processus, pour montrer les intentions, si une volonté, une conception et un plan avaient existé. Si la municipalité avait dépensé environ 300 millions de forints par an, soit le produit des immeubles vendus ici (les sommes obtenues pour les maisons vendues oscillent entre 100 millions et 700 millions sur le papier – en fonction des dimensions de l'édifice) pour la réhabilitation totale d'une maison d'habitation par an, somme à laquelle la capitale aurait également contribué, alors il y aurait déjà un minimum de 15 maisons d'habitation - propriétés municipales - rénovées dans ce quartier. Et l'arrondissement se serait enrichi de quelques centaines d'appartements propriétés municipales.

L'arrondissement subventionne toutefois dans une certaine mesure les demandes de réhabilitation présentées par les copropriétés (en 4 ans 370 millions forints de subvention et 1518 millions forints de crédit), mais il est très étonnant qu'après la vente de 47 immeubles on n'aie eu de l'argent au total que pour la rénovation de trois façades en 15 ans!

Dans un quartier historique tellement spécial, unique, faisant partie du patrimoine mondial, aussi proche du centre ville, les investisseurs qui investissent dans le long terme seraient associés depuis longtemps à une transformation commencée par la rénovation des immeubles d'habitation de la municipalité et qui aurait suivi un vrai programme de réhabilitation. Malgré les conditions tellement défavorables, le manque de programme et les intérêts contraires, il y en a déjà eu quelques exemples (9, rue Király), et il y en aurait eu plus encore, si la municipalité n'avait pas opposé aux investisseurs qui voulaient rénover une fin de non-recevoir, mais si au contraire elle les avait soutenus, ou si elle avait lancé un appel d'offre au moins une seule fois.

30/11/2007

Le sort du vieux quartier juif de Budapest, sa situation actuelle - un article d'Anna Perczel - X - Le sort des immeubles d’habitation propriétés de la municipalité

  X - Le sort des immeubles d’habitation propriétés de la municipalité

La tendance actuelle est la démolition des édifices non-classés propriétés de la municipalité. Donc la municipalité, au lieu de rénover ou d'essayer de trouver des sources de financement pour la rénovation, cède systématiquement sa propriété, ses logements municipaux, ses terrains vides, mais aussi ses immeubles sociaux, destinés aux personnes âgées, (voir 9, rue Kazinczy ou „Akácos udvar”, 61, rue Akácfa). Le nombre des logements sociaux locatifs diminue donc, les institutions d’aide sociale cessent d'exister et la probabilité que l'on puisse construire des nouveaux logements sociaux locatifs ou des institutions diminue continuellement. La seule possibilité qui reste est de démolir, quelle absurdité, des logements locatifs sociaux ou des institutions sociales existants ou en diminuant leurs espaces verts pour obtenir de nouveaux terrains de construction, voir le cas au 27, 25–23, rue Dob (l'immeuble au numéro 23 a été d'ailleurs la propriété de la communauté religieuse juive avant la guerre). Ceci est la stratégie de la municipalité depuis 15 ans.

Cependant on n'a construit aucun logement locatif social ici au cours des dernières 15 années. Dernièrement, la municipalité vend tout simplement les maisons classées qui n'ont d'ailleurs jamais été rénovées, sans considérer les gens qui y habitent. Le nouveau propriétaire a naturellement intérêt à les expulser très vite, dans le but d’y faire des modifications importantes: c’est-à-dire des extensions, des «développements».

Il y a 4 ans la municipalité était encore propriétaire de 87 maisons, à présent (fin 2005) elle n'en a plus que 35. Parce que pendant ces 15 années elle n'a même pas essayé de réparer ses propriétés, car elle visait leur démolition, quelques unes de ces maisons sont maintenant vraiment en très mauvais état. Certains locataires, auxquels on fait croire depuis 15 ans – ou plus – que l'on ne va pas rénover mais démolir ces maisons, attendent la démolition comme une véritable délivrance. Mais ce n'est pas vrai pour tous les locataires et pour toutes les maisons. C'est vrai seulement pour les édifices en extrêmement mauvais état ou pour ceux qui ne sont pas très adaptés au logement. La plupart des immeubles d'habitation qui sont destinés à la démolition ne sont pas en tellement mauvais état - les locataires voulaient acheter leurs logements, ils voulaient les rénover et auraient été en mesure de le faire à l'aide du fonds destiné à la réhabilitation. C'était le cas des immeubles déjà démolis au 50 rue Kazincy et au 12 rue Holló et c'est le cas des immeubles encore debout mais vides au 18 et 21, rue Dob, et des monuments historiques au 15, 21, 25, 27 de la rue Király. La cour Gozsdu aurait aussi pu faire partie de ces immeubles. Le sort de ses immeubles a été réglé du fait que le profit escompté était plus important avec leur démolition - dans l’espoir de la construction d'un bâtiment beaucoup plus grand ou d'une extension ambitieuse, bien que ce revenu n’apparaisse pas dans les revenus de la municipalité. C'est pourquoi les locataires n'ont pas obtenu la permission d'acheter ces immeubles. La seule stratégie qu'on a donc, c'est la démolition ou dans le cas des maisons classées la vente à l’insu des locataires, l'expulsion des locataires, puis les transformations, les extensions, donc la modification importante de l'édifice classé, l'accroissement de la densité du bâti et de l'utilisation du terrain, la construction d'appartements locatifs pour le marché au lieu de logements sociaux locatifs municipaux.

Il y a naturellement des immeubles d'habitation, bien qu'en petit nombre, qui n'auraient pas le confort nécessaire même après une rénovation, à cause de leur cour trop étroite et obscure par exemple. S'il s'agit d'un édifice intéressant du point de vue historique et de la physionomie de la ville ou tout simplement du point de vue de la continuité, la solution n'est pas la démolition, mais le changement de fonction par exemple, ou dans ce dernier cas, la démolition d’une aile intérieure.

29/11/2007

Le sort du vieux quartier juif de Budapest, sa situation actuelle - un article d'Anna Perczel - IX - Mettre en évidence les spécificités ...

  

IX - Mettre en évidence les spécificités des rues et des parcelles

Jadis chaque rue avait son rôle caractéristique. Aujourd'hui on ne peut presque plus le percevoir. Avec l'essor de la vie commerciale et touristique, les anciennes fonctions ont été remplacées par d'autres, nouvelles et très différentes. Je ne vais énumérer ci-dessous que quelques rues et quelques idées, propositions qui sont liées à leur nouveau monde et à leurs traditions vivantes, mais cette liste n’est pas exhaustive.

La section de la rue Dohány qui part de la rue Wesselényi – rue piétonne bordée de cafés

En raison de la grande affluence de visiteurs à la synagogue de la rue Dohány il y a déjà beaucoup de cafés, café-restaurants, restaurants dans la rue. On y peut arriver par plusieurs passages, du côté de la rue Rákóczi et du côté du boulevard Károly. Il est prévu que l’ancien passage renouvelé entre les 10, rue Dohány – 10, rue Síp soit rouvert. La largeur de la rue Dohány, l’alignement d'arbres existant, l’attractivité importante de la synagogue et du Musée Juif, son accessibilité, font de cette porte symbolique du quartier un point de rendez-vous idéal, un lieu de rencontre et d’attente, un point d’arrivée et de départ touristique. Toutes ces caractéristiques offrent la possibilité d’y créer un espace à priorité piétonne permettant une vie de quartier. Si on y limite la circulation automobile, la vie piétonne et le transport public peuvent facilement coexister. (Au contraire, le plan d’urbanisme de 2005 a proposé la déviation de la circulation vers la synagogue de la rue Dohány pour la réduire dans la rue Dob.)

La rue Kazinczy – la rue de la vie orthodoxe et celle des jeunes

Cette rue - au tracé irrégulier, étroite, d'un rythme fin, bordée de maisons basses, ayant une synagogue orthodoxe qui est considérée l'une des plus belles oeuvres du tournant du siècle et avec des magasins traditionnels, restaurant casher, boulangerie, charcuterie et bain rituel (mikvé, 16, rue Kazinczy) - est déjà la rue de la vie orthodoxe juive. On pourrait renforcer ce caractère de la rue en cédant à la communauté religieuse orthodoxe la maison de style classiciste à un étage (propriété de la municipalité et monument historique), qui se trouve vis-à-vis de la synagogue et qui a été sauvée de la démolition, pour y aménager une pension.

En raison de l’ouverture récente du centre culturel alternatif AKKU, dans le voisinage de la synagogue, et du jardin Szimpla au numéro 14, rue Kazinczy, la rue peut être également considérée comme la rue des jeunes. Ce caractère pourrait être renforcé si le bâtiment au 41, rue Kazinczy (inoccupé, en attente de démolition) devenait un premier foyer pour des jeunes gens et le petit bâtiment industriel au 50, rue Kazinczy pourrait accueillir le Bureau de gestion et de coordination chargé de la réhabilitation du quartier.

Un autre changement favorable pourrait être la transformation en hôtel ou immeuble d'habitation, de l'immeuble de bureaux qui se trouve vis-à-vis d'AKKU. Ce changement de fonction pourrait être relié à la transformation de la façade insignifiante, et la grande cour bétonnée et morne pourrait aussi être transformée en parc.

La rue Király – rue piétonne et commerçante

L'ancienne rue commerçante principale du vieux quartier juif, qui est bordée de monuments historiques, a connu une réhabilitation d’espace public mal interprétée, et s'est dégradée en une rue de desserte à circulation importante, encombrée de nombreuses places de stationnement et en même temps trop décorée. Cependant, la transformation spontanée des rez-de-chaussée donnant sur la rue, qui a commencé quelques années avant cette réhabilitation, a vu l’ouverture dans les espaces monumentaux, voûtés, représentatifs des vieux édifices de magasins de décoration intérieure (de design) et de nouveaux restaurants intéressants, libyens, syriens, ainsi que des cafés. Si les voitures stationnées qui occupent presque toute la surface du trottoir, les gigantesques jardinières en pierre et les bacs étaient enlevés, si les automobiles n’étaient pas seulement obligées de faire du slalom mais la circulation automobile était déviée, alors cette rue aurait des potentialités exceptionnelles, partiellement anciennes, partiellement nouvelles. Elle pourrait de nouveau devenir un lieu de promenade, de flânerie, d’achats, de terrasses de café, et on pourrait probablement y aménager de nouveaux restaurants et cafés.

Dans la rue il y a encore quelques magasins traditionnels, mais ça n’est plus tellement caractéristique, il y a surtout des magasins modernes qui permettent de découvrir les espaces intérieurs particuliers des vieux bâtiments. C'est également ici qu'on peut trouver le seul musée d’insignes (médailles) (on veut expulser le locataire dont l’aïeul a fondé l'affaire), c'est ici qu'on pourrait ouvrir de nouveau l'ancien Zur Stadt Wien, une brasserie très appréciée par Gyula Krúdy (la municipalité du VIème arrondissement veut démolir le bâtiment) ou vis-à-vis on pourrait rouvrir l'auberge Zur Stadt Pest. Pas loin de ces édifices il y a un café alternatif, le Kuplung, lieu de rendez-vous préféré des jeunes budapestois. (La municipalité du VIème arrondissement veut démolir cet édifice aussi.) À côté de celui-ci, dans l'édifice au 50, rue Király, vide depuis des années entières, propriété de la capitale, on pourrait établir un café littéraire avec une salle de théâtre, un espace d'exposition, une bibliothèque, qui pourrait avoir un rôle animateur semblable à celui du café hollandais Spinoza, qui fonctionne avec succès depuis trois ans déjà dans la rue Dob.

Il serait bien qu'on puisse entrer dans les cours des maisons de la rue Király, ou au moins y jeter un coup d'oeil – comme c’est le cas dans le Quartier du Château –, car les édifices de style classiciste de ces rues ont des cours intérieures particulières, qui offrent une expérience unique, tout comme les espaces des caves et des rez-de-chaussée. Cela serait possible si on mettait en œuvre la proposition des gens du quartier de faire de la rue non seulement une rue commerçante, mais aussi une rue des métiers et des arts,.

8, rue Rumbach Sebestyén

Vis-à-vis de la synagogue de la rue Rumbach Sebestyén il y a un grand terrain vide (3800 m²) à la place de la magnifique maison Jakabffy, absurdement démolie en 2002, qui a une position spéciale dans la structure de la ville et qui est aujourd'hui propriété privée. En raison de la proximité de la synagogue et du caractère de monument historique de cette section de rue, la solution la plus avantageuse serait la construction d'un édifice public culturel ou d'un hôtel. Dans le cas d’un bâtiment publique il faudrait organiser un concours afin d’assurer la qualité architecturale du bâtiment. Pour que l'on puisse transformer la rue Asbóth - cul-de-sac qui est bloqué par un gigantesque mur coupe-feu - en rue piétonne, il est indispensable que l'on assure un passage vers la rue Dob. Sur ce grand terrain qui pénètre profondément dans l’ilôt (38 m/100 m), on pourrait aménager un parc public intérieur lié au passage, en exploitant la position avantageuse de la parcelle dans la structure de la ville. De la rue Asbóth on pourrait passer dans la rue Dob en traversant le parc intérieur et le passage voisin. Sur cette parcelle on pourrait donc simultanément construire un nouveau bâtiment ouvert au public qui apporterait une nouveauté architecturale et enrichirait la vie culturelle ou touristique, aménager un parc, ce qui est tellement nécessaire dans le quartier et qui revalorisait l’environnement, ainsi qu’un passage piéton qui enrichirait la vie piétonne et commerciale du quartier. Le terrain est aujourd’hui un parking.

28/11/2007

Le sort du vieux quartier juif de Budapest, sa situation actuelle - un article d'Anna Perczel - VIII - Réhabilitations des espaces publics déjà réalisées

 

VIII - Réhabilitations des espaces publics déjà réalisées

La rue Király

L'aménagement de l’espace public dans la rue Király n'a favorisé que la circulation automobile et l'établissement d'un grand nombre de places de stationnement, ce qui est diamétralement opposé aux préoccupations européennes contemporaines mais aussi au programme énoncé de la diminution du trafic dans le centre-ville. Le procédé utilisé dans cette rue est en contradiction avec son caractère commercial traditionnel de rue principale, avec sa ligne organique et son caractère de monument historique. De plus, l'aménagement de la rue défavorise clairement les piétons – il est médiocre, hétéroclite et inutilement prodigue en matériaux de toutes sortes. Les trottoirs qui pourraient être adaptés à des promenades, à l’installation de terrasses de café sont occupés en totalité par des voitures ou par des jardinières gigantesques en pierre, des bacs démesurés. La rue, dans sa forme actuelle, n’est pas adaptée à la circulation des bicyclettes ni même à celle éventuelle de minibus. Les nouveaux candélabres assurant l'éclairage publique, de style faussement art nouveau, n’ont pas été proportionnés aux dimensions de la rue, mais à celles d’une artère principale, et, en comparaison avec les bâtiments de style classiciste qui bordent la rue, sont de fort mauvais goût. La réhabilitation de la rue a eu lieu avant le début des grandes constructions dans le quartier, ainsi le revêtement de la chaussée est aujourd’hui presque totalement détruit, ce qui prouve encore une fois que cet aménagement a été irréfléchi.

La place Herzl Tivadar

La réhabilitation de la place Herzl Tivadar, devant la synagogue de la rue Dohány et le Musée Juif, est tout aussi médiocre. Du point de vue de la fonctionnalité, c’est une erreur, car les gigantesques cassettes engazonnées, totalement inadaptées à cet environnement de monuments historiques, occupent la surface si indispensable pour les piétons, les groupes touristiques et pour les fidèles juifs pendant les grandes fêtes. La place devant la synagogue est devenue inadaptée à l’organisation de manifestations, des festivals, comme par exemple la foire aux livres qui s’y déroulait avant le réaménagement de la place pendant le Festival Culturel Juif à la fin de l'été. Les détails sont presque les mêmes que ceux utilisés dans la station terminale de bus de la place Örs. La végétation de piètre qualité détruit le plaisir que pourrait donner la vue de cette synagogue si importante dans le paysage de la ville.
 
La place Klauzál

L'aménagement actuel de la place Klauzál, la seule place publique du quartier datant des années 1850, est tout aussi mal pensé. Ici, au lieu d'une sensation d'espace et d'un lieu de rencontre, on butte partout sur des obstacles, des clôtures variées qui découpent l’espace et le rendent impénétrable. Ainsi, l'accès à la Halle, si importante pour les habitants du quartier et aussi pour les touristes, est devenu très compliqué. La place est devenue totalement inadaptée pour des manifestations de quartier.

Quand il s'agit d'un quartier protégé, c'est une exigence minimum que les aménagements des espaces publics soient précédés par l'organisation d'un concours d'architecture, pour qu'on puisse choisir la solution la meilleure et la plus moderne.

En dehors de la rue Király et la place Herzl Tivadar, mal réaménagées, les espace public qui ont la plus grande influence sur la vie du quartier, son développement et son tourisme, sont le réseau des rues entre la place Klauzál et les trois grandes synagogues. On doit s'occuper de ces espaces plus en détail, car leur amélioration peut devenir le moteur de la réhabilitation du quartier. Pour que le centre du quartier redevienne animé, on doit redéfinir le rôle de la place Klauzál qui dans les années 80 a été réduit à celui d'un terrain de jeu fermé. Ce lieu a été jadis le coeur du quartier, mais il ne l'est plus depuis longtemps. On doit le rouvrir, on doit l'utiliser comme une vraie place urbaine afin qu'il puisse regagner son rôle vital d'agora.

A propos de la visite de l'expert de l'ICOMOS Michel Polge - Michel Polge ICOMOS szakértő látogatásáról

Le secrétariat du Comité hongrois du Patrimoine mondial donne ci-dessous une information sur la visite que Michel Polge, expert de l'ICOMOS, a effectuée à Budapest du 5 au 7 novembre 2007. Son rapport sera remis avant la fin de cette année ou au tout début 2008 aux autorités hongroises et notamment au Comité du patrimoine hongrois qui s'engage à le publier.

 A Világörökség Magyar Nemzeti Bizottság Titkársága és a Kulturális Örökségvédelmi Hivatal tájékoztatója, 2007. november 8.

Michel Polge ICOMOS szakértő látogatásáról

A Világörökség Magyar Nemzeti Bizottság (VÖMNB) Titkársága és Budapest Főváros közös meghívására november 5-7. között az UNESCO Világörökség Bizottság és az ICOMOS (International Council on Monuments and Sites), a Műemlékek és Műemléki Együttesek Nemzetközi Tanácsa megbízásából szakértőként Budapesten tartózkodott Michel Polge úr építész-urbanista, az ICOMOS CIVVIH (Történeti Városok és Falvak Nemzetközi Bizottsága) tagja. A hivatalos, úgynevezett „reaktiv monotoring” látogatás célja az volt, hogy a szakértő tanulmányozza a budapesti világörökség helyszín, különösen is a régi pesti zsidónegyed (belső Erzsébetváros és belső Terézváros) megőrzési állapotát.

A megbízott szakértő megvizsgálta a történeti városrészt érintő szabályozási terveket, értékelte a folyamatban lévő városrendezési lépéseket, különös tekintettel a városvédők – civil szervezetek részéről az UNESCO Világörökség Központjához küldött jelzésekben foglaltakra. A túlzott bontások, átalakítások egyebek között veszélyeztetik az Andrássy úti világörökségi helyszín kiemelkedő egyetemes értékét, a helyszín építészeti és kulturális karakterét, mely a Világörökségi Listára felvétel alapja volt 2002-ben.

Az ilyen missziók eljárásmódja szerint Polge úr a helyszín bejárása mellett találkozott az illetékes állami szervek képviselőivel – így a  Kulturális Örökségvédelmi Hivatal vezetőivel, munkatársaival, az országos főépítésszel, Budapest főváros és az érintett önkormányzatok (elsősorban a VI. és a VII. kerület) építészetért felelős vezetőivel, továbbá a civil szervezetek, (az ICOMOS Magyar Nemzeti Bizottsága, az ÓVÁS! Egyesület, a Budapest Világörökségéért Alapítvány, Podmaniczky Páholy, városvédő egyesületek) képviselőivel.

A szakértő program szervezője a Budapest Főváros Főépítészi Irodával együttműködésben a Világörökség Magyar Nemzeti Bizottság Titkársága volt.

Tapasztalatairól, szakvéleményéről Polge úr jelentést ad az ICOMOS Párizsi központja számára, amelyet az testületi véleménnyé formálva továbbít  az UNESCO Világörökség Központjának. Ezután készül el az UNESCO-ICOMOS közös jelentése. A jelentésről tájékoztatást kap az UNESCO Világörökség Bizottsága, és természetesen Magyarország, mint az 1972-es Világörökség Egyezmény Részes állama, egyben a szakértői látogatás kezdeményezője.

Háttér, előzmények

Budapest történeti városképének egyik kiemelkedő jelentőségű területe a 18-19. századi utca és térszerkezetű, klasszicista, historizáló és szecessziós épületekkel övezett belső Erzsébet- és Terézváros. 2002-ben a Duna-parti látképhez és a Budai Várnegyed kibővítéseként az Andrássy út is elnyerte a Világörökség címet, s ezzel egyidejűleg a sugárutat kísérő városrész a világörökségi terület védőzónája lett.

A városrész állapota, akárcsak Budapest historikus negyedeinek többsége az elmúlt század közepe óta folyamatosan romlott, felújításra, de akárcsak állagmegóvásra vajmi kevés figyelmet szenteltek a kerületek. Az 1980-as években a belső Erzsébetvárosban megindult rehabilitáció is leállt. Az 1990-ben és 2001-ben született kerületi szabályozási terv nem elsősorban az értékmegóvás mentén határozta meg a kerület fejlesztését. A ma elfogadott nemzetközi normákhoz képest sokkal szűkebben állapította meg a védendő-megtartandó értékek körét. Ennek megfelelően az 1990-es években megnövekedett, egyébként önmagában akár üdvözlendő beruházási folyamatokban is sajnos inkább bontási és újonnan beépíthető területnek tekintették a városrészt, semmint megőrzendő értéknek.

2004-ben az ÓVÁS! Egyesület kezdeményezésére a Kulturális Örökségvédelmi Hivatal ideiglenes „műemléki jelentőségű terület” védelmet rendelt el, majd a Világörökségi színhely védőzónájaként véglegesen műemléki jelentőségű területnek nyilvánította a városnegyedet. 2005-ben 51 épületet (ingatlant) a kulturális miniszter egyedileg védett műemléknek nyilvánított. Az értékvédelem és a fejlesztések közötti ellentmondás feloldásához szükséges új szabályozás elkészítésének elérése érdekében a KÖH, Budapest Főváros, valamint az ÓVÁS! Egyesület (a kulturális örökség védelméért felelős minisztérium által közigazgatási államtitkári szinten koordinált folyamat keretében is) folyamatosan sürgette az érintett területre vonatkozó változtatási tilalom elrendelését (a helyi önkormányzat lehetősége), ám erre mindez ideig nem került sor.

Az ÓVÁS! Egyesület 2005 végén levélben hívta fel a Világörökség párizsi központjának figyelmét az értékromboló folyamatokra. Ezt a figyelmeztetést erősített meg petíciójában a párizsi „Mardis Hongrois” egyesület. A Világörökség Magyar Nemzeti Bizottság és Budapest Főváros 2007. júniusában hívta meg a Világörökség Bizottság független szakértő misszióját a negyedben kialakult helyzet objektív véleményezésére. Ennek a meghívásnak tesz eleget a párizsi központ megbízottja, Michel Polge ICOMOS szakértő.

Az UNESCO-ICOMOS missziók szabályainak megfelelően a szakértő munkája során nem adhatott nyilatkozatot a sajtónak, mivel a megállapításait először a kiküldő szervezetekkel, azok szakembereivel kell egyeztetnie-véglegesítenie. Éppen ezért mindaz, ami a megbeszélésekről esetleg kiszivárgott, állítólagos, a szakértőnek tulajdonított véleményként, állásfoglalásként elhangzik, fölröppentett hírként megjelenik, súlyosan veszélyezteti az UNESCO-ICOMOS misszió munkájának eredményességét, objektivitását hitelét. A Világörökség Magyar Nemzeti Bizottsága az UNESCO-ICOMOS hivatalos állásfoglalását, amint birtokába kerül, nyilvánosságra hozza (a szakértői vélemény legkorábban ez év végén, vagy az új év elején várható).

Source Site du Comité hongrois du Patrimoine mondial

27/11/2007

Le sort du vieux quartier juif de Budapest, sa situation actuelle - un article d'Anna Perczel - VII - Aménagement des espaces publics à priorité piétonne

 

VII - Aménagement des espaces publics à priorité piétonne

 

L'aménagement d’espaces publics à priorité piétonne, est l’un des moyens les plus efficaces dans le renouvellement d'un vieux quartier et utilisé un peu partout aujourd’hui. Cette pratique est bonne à la fois pour les habitants, pour les touristes, pour les magasins, pour les restaurants, pour le tourisme et pour l’environnement, pour les édifices, pour les arbres et pour les espaces verts.

À côté d’innombrables exemples internationaux et plusieurs exemples dans des villes de province en Hongrie, il y a aussi des exemples à suivre dans d’autres quartiers historiques de Pest, là où l'on n'a pas voulu démolir les édifices délimitant les rues et expulser les habitants, et où l'on a vraiment favorisé les piétons et pas les voitures. Parmi les aménagements réussis on peut citer les abords de la bibliothèque Szabó Ervin, la rue Ráday et la place Liszt Ferenc qui n'est pas trop loin du quartier juif.

Malheureusement, les aménagements d’espace public réalisés dans le quartier ne sont pas très réussis. Ils ont été réalisés sans aucun concours d'architecture, sans avoir une conception d’ensemble concernant la circulation et les espaces publics du quartier, et, ce qui est plus étonnant, ils n'ont pas favorisé la vie piétonne.

Tout ça malgré le fait que les fonctions du quartier et les défis qui en découlent sont évidents.

26/11/2007

Le sort du vieux quartier juif de Budapest, sa situation actuelle - un article d'Anna Perczel - VI - Vie culturelle et religieuse

 

VI- Vie culturelle et religieuse

 

Autour des trois synagogues de renom européen, un aménagement prioritairement piétonnier de l’espace public permettrait de relier symboliquement et physiquement cet ensemble qui, espace public, constitue le centre de gravité spirituel et architectural du quartier et son attraction touristique principale.

Il serait également profitable d'aménager une ou plusieurs pensions pour les communautés religieuses juives, car parmi les juifs il y a une tradition de visites collectives à l'étranger pendant les fêtes juives. (La communauté religieuse orthodoxe en a fait la demande expresse.) En ce qui concerne le Musée Juif, cela vaudrait la peine de présenter la vie de savants, d’explorateurs, de rabbins, d’artistes, d’architectes juifs de réputation mondiale et leurs relations avec ce quartier. On pourrait faire ça dans le cadre d'une grande exposition et aussi sur les lieux mêmes, par l'aménagement de musées, lieux de mémoire ou salles de lecture de dimensions plus réduites.

On devrait soutenir d'une façon accentuée l’établissement de, restaurants, cafés, charcuteries, boulangeries, pâtisseries, hôtels - expressions de l’hospitalité juive liée aux traditions, spécificité locale qui attire les touristes - et aussi des librairies, librairies d'occasion, ateliers d’artisanats anciens et modernes, et des magasins, par des exemptions d'impôt ou en mettant à la disposition des entrepreneurs des lieux adéquats.

Les communautés de jeunes Juifs ont aussi besoin de place. (Théâtre juif, marionnettes, rédactions, librairies etc.)

On doit ajouter à tout cela que les quartiers juifs européens formés pendant le XIXème siècle, parmi eux celui de Pest, n'ont jamais eu un caractère exclusivement juif. En 1913 la fondation Gozsdu a fait construire la cour Gozsdu, le passage légendaire du quartier composé d’une succession de six cours, et la seule église chrétienne orthodoxe roumaine de Budapest qui fonctionne depuis 1910 dans la rue voisine, au 8 rue Holló. L'Etat roumain a demandé la restitution du passage à l'Etat hongrois, son intention était d'y créer un centre culturel symbolisant la réconciliation hongroise-roumaine. C'est un fait regrettable que cette intention n’ait pu se matérialiser, car l'arrondissement a vendu le passage, après l'expulsion forcée des locataires, à un investisseur privé qui y construit des logements de luxe, des magasins de luxe, un club de fitness etc. Seule l'Église orthodoxe roumaine a récupéré la maison située au numéro 8 de la rue Holló. C'est pourquoi le centre culturel roumain qui ne peut s’installer que dans cette maison à un étage, aura nécessairement des dimensions beaucoup plus réduites qu’initialement prévues. Du côté hongrois on se devrait de subventionner ce projet, d’une part en contrepartie de l’occasion perdue suite à cette immense erreur, d’autre part à cause de la multiculturalité du quartier.

Cela vaut également la peine d'encourager l'établissement ou l'activité des jeunes artistes dans le quartier. On pourrait, par exemple, mettre à la disposition des artistes dans des conditions favorables les édifices, les espaces qui étaient voués à la démolition, mais qui sont classés maintenant grâce à l'initiative de l'organisation non gouvernementale ÓVÁS! et qui sont à présent inoccupés et dégradés - en offrant l'occasion d'y aménager des espaces d'exposition, des logements pour artistes, des studios, des ateliers, des cafés et des établissements hôteliers alternatifs. Tout ça attirerait les jeunes, les artistes, les touristes, et les édifices auraient aussi la chance d'être restaurés. En échange il pourrait leur être demandé par exemple d’aider à l'organisation de festivals, d’expositions, d’événements organisés dans les rues, dans la conception d’étalages etc.

Les festivals et les programmes de plein air ont joué un rôle important dans la réévaluation des quartiers juifs, dans le renforcement de leur vie touristique. On pourrait donc organiser, sans cependant chercher à imiter le Festival Culturel Juif qui a lieu vers la fin de l'été et qui a un grand succès, un festival annuel d'art contemporain (ce nouveau festival recèlerait beaucoup de possibilités). On pourrait organiser des manifestations de plein air liées aux fêtes juives et aussi des programmes artistiques, musicaux et des expositions de plein air, en fin de semaine dans les rues fermées à la circulation.

Les concours d'architecture internationaux sont aussi des moyens efficaces pour éveiller l'attention internationale. Les œuvres architecturales exceptionnelles dues à des concours internationaux ont eu un grand rôle dans la revitalisation de plusieurs localités, elles sont devenues souvent les emblèmes, les symboles de la ville ou du lieu (Bilbao, Sydney). Cependant, dans le vieux quartier juif de Pest et ses alentours, aux rues denses et à la densité du bâti élevée, il n'y a aucun espace ou projet de grande envergure qui pourraient justifier un tel concours international. Ici les trois synagogues constituent déjà une grande attraction architecturale et culturelle. De plus, l'Opéra, l'Académie de Musique, le Musée Ernst, le Club Fészek et beaucoup de théâtres se situent aussi à proximité. Ici c'est le quartier même - avec ses rues, ses édifices, ses traditions - qui constitue une attraction et qui doit être affirmé, rénové, revitalisé. C'est pourquoi je propose le lancement d'un concours international concernant les espaces publics; ce concours permettrait de définir le caractère de tout le quartier, en reliant les différents espaces et en donnant un élan à la réhabilitation de qualité des espaces publics. Deux sites seraient à privilégier : la place Klauzál et l’espace reliant les trois grandes synagogues, rues, places, passages. Cependant, si à la place de l'Institut de Ballet ou vis-à-vis de la synagogue de la rue Rumbach Sebestyén ou sur les dents creuses de la rue Dob on construisait un bâtiment nouveau ayant une fonction culturelle ou communautaire - donc au cas où l'endroit et le projet seraient appropriés -, un bâtiment issu d’un concours international et représentant la meilleure architecture contemporaine aurait ici une signification importante.

25/11/2007

Le sort du vieux quartier juif de Budapest, sa situation actuelle - un article d'Anna Perczel - V - Changement de fonction...

V- Changement de fonction dans le cas de quelques édifices, parcelles, vente des édifices inoccupés à condition de leur renouvellement

À cause de l’attitude de la municipalité d’arrondissement qui ne visait que la démolition des édifices, l'expulsion des locataires (habitants et commerçants) et les nouvelles constructions sans espaces verts, aujourd’hui la majorité des édifices sont inoccupés ou en voie de le devenir. Les édifices qui ne peuvent pas être démolis et les terrains encore non bâtis, qui ont une situation spéciale, offrent l'occasion de créer des nouvelles fonctions culturelles et commerciales attractives du point de vue touristique, qui peuvent redonner un essor à la vie du quartier, renforcer ses traditions. Cela pourrait être lié à la création de parcs et de jardins qui manquent tellement au quartier, et de passages traversant les ilôts.

L'expérience hongroise a déjà montré qu’il existe des communautés de jeunes et des entrepreneurs qui s'établiraient volontiers dans ces maisons, ils se chargeraient de leur restauration et s'ils en avaient l'occasion ils y ouvriraient des établissements culturels alternatifs, des cafés, des restaurants, des salles d'exposition, des cinémas. (19, rue Dob – Le jardin Szóda, 14, rue Kazinczy – Le jardin Szimpla, 16, rue Kisdiófa – Mumus, 5, Csányi – Tetthely.) Plusieurs maisons sont adaptées à l'établissement de petits hôtels, ou de pensions de famille qui manquent visiblement au quartier, ou même à l'établissement des maisons de retraite rendus attractifs par la possibilité d'y aménager des jardins intérieurs. Plusieurs édifices abandonnés sont adaptés à un aménagement du type studio+atelier+logement, ce qui permettrait la mise en place de programme pour aider à l’établissement de jeunes ou bien à l’aménagement d’internats (40, rue Király).

En utilisant le moyen de la préemption, on pourrait aussi créer des petits lieux de mémoire et des musées dans certaines maisons où des personnes célèbres ont habité ; leur activité, leur oeuvre pourraient y être présentées. ( Ignác Goldziher, Gyula Krúdy, Dezsô Szomory, Hugó Scheiber etc.)

Il est également important que sur les parcelles bien placées on construise des édifices abritant des fonctions qui manquent à la vie du quartier et qui peuvent l'enrichir. Il s’agit par exemple des abords des synagogues ou de l’intérieur de certaines parcelles où il y a encore la possibilité d'aménager un parc public ou un grand jardin intérieur. De tels exemples, dans le cas d’une réelle réhabilitation, auraient une influence importante sur la collectivité, le paysage urbain et la qualité de vie, il est donc nécessaire que l'on s’assure à long terme du terrain ou qu'on l'achète.

24/11/2007

Le sort du vieux quartier juif de Budapest, sa situation actuelle - un article d'Anna Perczel - IV La préservation et la protection du patrimoine culturel

IV - La préservation et la protection du patrimoine culturel

Le patrimoine culturel peut devenir dans la vie des villes le moteur de l'économie, du tourisme et du développement social à long terme, s'il n'est pas sacrifié comme source de profit à court terme (servant les intérêts de quelques personnes seulement). Ces vieux quartiers sont un concentré de tout: tradition, fêtes, culture, religion, histoire, mémoire, qui se matérialisent dans l'ensemble des rues, des édifices et des habitants. En défaisant le tissu de la ville, en faisant disparaître les édifices, en expulsant les habitants, en changeant les rues, tout ça va disparaître. Donc, malgré la mauvaise situation actuelle, on doit suivre le chemin de la préservation et du renouvellement, et non pas celui de la démolition. Les constructions et les modifications doivent être faites en respectant la continuité et en s'adaptant aux vieilles constructions. Cette idée et d'autres similaires se trouvent dans la Charte européenne des villes et territoires de culture et de patrimoine qui a été signée par la Hongrie à Lisbonne.

De plus, la Hongrie s'est engagée concrètement au niveau international à préserver les sites et les quartiers de sa capitale, dont le vieux quartier juif de Pest, qui ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1987 puis en 2002.

L'élaboration et l'application du Plan de gestion concernant ces sites et la création simultanée de l'Organisme de gestion font partie de l'obligation assumée au niveau international. Tout ça aurait dû être créé et appliqué dans les deux ans qui ont suivi la date de l'acceptation de l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial. Dans le cas du site du patrimoine mondial qui inclut la rue Andrássy et sa zone de protection, le vieux quartier juif de Pest, ce délai a expiré en 2004.

Bien que le quartier, sous la pression de l’association ÓVÁS! soit devenu en 2004 une « zone d’importance patrimoniale » (Műemléki Jelentőségű Terület , MJT) et que le Plan de gestion ait été élaboré en 2005 (Nagy Bálint, N/N Galéria), en pratique on n'en tient absolument pas compte, pas même au niveau des recommandations, les documents d’urbanisme sont préparés sans tenir compte des exigences formulées dans le Plan de gestion. Les exigences de préservation du Plan de gestion ne sont respectées ni par les architectes, ni par les arrondissements, ni par l'Office du patrimoine culturel au cours du processus d'acceptation des projets d’urbanisme et des permis de construire. En ce qui concerne la création de l'Organisme de gestion, elle n’a même pas été tentée.

Il n'y a aucune protection réelle à l'égard des sites du patrimoine mondial de Budapest, on ne tient pas de registre des modifications, on ne les contrôle pas, on ne les influence pas pour préserver leur valeur. En pratique, tous les édifices qui ne sont pas classés individuellement, peuvent être démolis à tout moment, la protection de la zone est une notion abstraite. Sur les sites du patrimoine mondial il n'y a aucune limitation concernant les démolitions et les constructions nouvelles, à l'exception des monuments historiques eux-mêmes. Les périmètres protégés sont devenus la cible préférée des investisseurs, car ils ont de la valeur et ils sont bien situés dans la capitale. Ils se trouvent donc, paradoxalement moins protégés que les quartiers qui se trouvent hors de ces périmètres.

Le phénomène est plus accentué encore dans le cas du vieux quartier juif de Pest, où, paradoxalement, les démolitions ont augmenté à partir de 2002, c’est-à-dire depuis la date de l’inscription du quartier sur la liste de l'UNESCO comme patrimoine mondial. Cette situation n'a pas été changée par le fait que la réhabilitation du quartier juif dans la préservation de ses valeurs, fait partie aussi du Programme Podmaniczky, programme d’aménagement urbain à moyen terme de la capitale. Les édifices de valeur disparaissent l'un après l'autre, voire des sections de rue entières, et avec eux les gens qui vivent là, les habitudes quotidiennes, la tradition historique et les lieux de mémoire disparaissent aussi, et de nouveaux bâtiments surdimensionnés et sans aucune valeur architecturale font leur apparition. La proportion des modifications dans le cas des blocs intérieurs est de 30-40%, même par endroits de 60%!

Ce processus ne peut être expliqué par aucune circonstance atténuante. Il n'y a pas d'excuse!

Budapest pourrait même perdre facilement son titre de patrimoine mondial. Pourtant il n’y aurait rien d’autre à faire qu’à appliquer la législation et cela rétroactivement) : imposer les exigences et les obligations de préservation formulées dans le Plan de gestion et d’en assurer le suivi, ce qui est aussi une obligation assumée par la Hongrie au niveau international.

Dans le cas du vieux quartier juif de Pest, les plans élaborés pour cette zone (avant ou après 2002) n'ont dans aucun cas été conformes aux exigences formulées à l'égard des sites du patrimoine mondial, même ils les ont violées. Cela aurait pu être évité, si en 2002, quand le périmètre du patrimoine mondial a été élargi, on avait suspendu tous les plans concernant la zone touchée, au moins jusqu'à l'élaboration du Plan de gestion, car on se trouvait face à une situation nouvelle.

Pour éviter la condamnation prévisible à cause de la négligence d'une obligation internationale et pour préserver le quartier comme quartier historique authentique, on ne peut plus ajourner l’arrêt du processus de destruction.

Les conditions d'une réhabilitation réussie sont: le blocage complet des démolitions, la préservation du patrimoine culturel et sa reconstitution graduelle. Mais pour ça on doit agir avec fermeté et immédiatement!

23/11/2007

Visite à Budapest de Michel Polge, expert de l'ICOMOS, du 5 au 7 novembre 2007

Le point sur la situation (en langue hongroise) et la visite de Michel Polge, expert de l'ICOMOS qui s'est rendu à Budapest du 5 au 7 novembre 2007.

Compte-rendu sur le site Epitészforum (forum professionnel des architectes)

Moratóriumot követelnek – civilek találkozója a francia szakértővel

Az elkövetkezendő hetekben érdeklődéssel - "vigyázó szemekkel" - várhatunk egy jelentést Párizsból - hazai dolgainkról. Michel Polge építész-urbanista, az ICOMOS CIVVIH (Történeti Városok és Falvak Nemzetközi Bizottsága) tagja, a franciaországi Város- és Lakásügyi Minisztériumhoz tartozó "A Méltatlan Lakáskörülmények Ellen Küzdő Nemzeti Pólus" alelnöke 2007. november 5-7. között szakértőként tartózkodott Budapesten hivatalos, úgynevezett „reaktív monitoring” látogatáson. Jövetelének célja az volt, hogy - miután sokéves tapasztalatokkal rendelkezik a városrehabilitációban - tanulmányozza a budapesti világörökség helyszínt, "különösen a régi pesti zsidónegyed (belső Erzsébetváros és belső Terézváros) megőrzési állapotát" - mint azt a látogatást megelőző közös kommünikéjében kiemelte a Világörökség Magyar Nemzeti Bizottság Titkársága és a Kulturális Örökségvédelmi Hivatal.

A látogatás programjába kedden, november 6-án délutánra illesztették be a találkozást a cilvil szervezetek képviselőivel. Polge rövid bemutatkozásában igen tájékozottnak tűnt a budapesti helyzetet illetően, és külön kiemelte, hogy az Erzsébetváros érintett területe európai összehasonlításban is nagy értéket képvisel, ezért a feltétlenül meg kell találni megőrzésének módját. Tapasztalata szerint viszont a befektetők főképp csak bontásokban gondolkoznak, ami viszont nem egyeztethető össze a világörökségi státusszal. Legelsősorban tehát gazdasági eszközöket kell találni arra, hogy a befektetők tevékenységét helyes mederbe lehessen terelni. Ahhoz hogy "a kecske is jól lakjon és a káposzta is megmaradjon", szigorú szabályozásra van szükség, melyen belül a tőke mozgástere is biztosított.

 

A Síp utca 8-10. szám alatti beépítés látványterve
Jávor István, az ÓVÁS! elnöke először dokumentumokat adott át (nyomtatott és elektronikus formában), majd Perczel Anna építész elmondta, hogy ismeretük szerint annyi bontási engedélyt adtak ki az utóbbi időben, és többnyire annyira gyatra építészeti minőségűek az építésre engedélyezett tervek, hogy csakis a gyorsan bevezetett változtatási tilalom lehet a kezdő lépés a teljes értékvesztés megakadályozásához. Jogszerűek ugyan a kiadott építési engedélyek, azonban ha valóban sok megépül a tervezett házakból, abból sokkal nagyobb botrány lesz, mint egy moratórium elrendeléséből. Konkrét példaként a Síp utca 8-10. szám alatti házak esetét említette, ahol - a Dohány utcai zsinagóga közvetlen közelében - szállónak nevezett, ám inkább lakótelep színvonalú, 8 emeletes tervekre adtak ki egedélyt, és a bontásokat már végre is hajtották. Említette még, hogy készült ugyan egy tervezet úgynevezett management plan-re, ami halaszthatatlan az összehangolt cselekvéshez a világörökségi terület kezelésére, ám 2002 óta ennél több nem történt, nincs szervezet, ami egybefogná a területet. Ezért egyre gyakrabban előfordul, hogy régi lakókat meglehetősen durván kiköltöztetnek, voltaképpen lakosságcsere folyik az önkormányzatok tudtával. A házak eladását az önkormányzatok nem nyilvánosan hirdetik meg, illetve hollandok, akik a megőrzés szándékával - bevett hazai gyakorlatuk alapján - próbáltak ingatlant vásárolni, nem tudtak érdemi tárgyalásokat kezdeni céljuk megvalósítátására.

 

Michel Polge, a tolmács hölgy, Soós Gábor és Fiala István
Michel Polge elmondta, hogy az ÓVÁS! tevékenysége jól ismert Franciaországban, egyre többen szereznek tudomást a helyzetről, aminek megoldására feltétlenül megoldást kell találni.

Mint megtudtuk, Michel Polge, aki az ICOMOS/KÖH vendégeként érkezett a vizsgálati útra, találkozott Budapesten az OKM és az ÖTM képviselőivel, többek között Fegyverneky Sándor országos főépítésszel, a Főváros képviselőivel, - Ikvai-Szabó Imre főpolgármester-helyettessel és Beleznay Éva főépítésszel, továbbá az érintett kerületek polgármestereivel és más felelőseivel. A kerületi polgármesterek a civilekkel történt találkozót követően újabb beszélgetést kértek Polge-tól, aki kérte hogy befektetőkkel is konzultálhasson. Elutazása előtt volt még egy kerekasztal beszélgetés, amiről nincs részletes információnk.

Bár nem tartozik közvetlenül a témához, de a KÖH elnöke, dr. Mezős Tamás 7-én délután váratlanul lemondta azt a sejtóbeszélgetést, amit november 8-án délelőtt 10 órára hirdettek meg a következő témákban: a Kulturális Örökségvédelmi Hivatal szervezeti átalakulása, a Budai Vár rekonstrukciójának terve, a KÖH műemlékvédelmi stratégiája, kiemelten Bábolna helyzete, valamint azok a napi aktualitások, amelyek érdeklődésre tarthatnak számot.

Visszatérve a francia szakértői látogatásra, Michel Polge tapasztalatairól, szakvéleményéről az ICOMOS Párizsi központja számára ad jelentést, amelyet az testületi véleménnyé formálva továbbít az UNESCO Világörökség Központjának. Ezután készül el az UNESCO-ICOMOS közös jelentése. A jelentésről tájékoztatást kap az UNESCO Világörökség Bizottsága, és természetesen Magyarország, mint az 1972-es Világörökség Egyezmény Részes állama, egyben a szakértői látogatás kezdeményezője.

vm

et sur le site du KÖH (Kulturális Örökéségvédelmi Hivatal), Office de défense du patrimoine hongrois.