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23/11/2007

Le sort du vieux quartier juif de Budapest, sa situation actuelle - un article d'Anna Perczel - III - Les priorités sont donc les suivantes

 

III - Les priorités sont donc les suivantes 

 

Application urgente et rétroactive - par une ordonnance ministérielle ou par une loi - du Plan de gestion concernant également les sites du patrimoine mondial et leurs zones de protection. Ce Plan de gestion existe depuis 2005 mais n'a jamais été appliqué. Jusque-là on doit arrêter les démolitions et interdire les modifications!

Création le plus vite possible de l'Organisme de gestion pour les sites du patrimoine mondial. (C’est une obligation dans les deux ans suivant l'inscription au patrimoine mondial, donc cet organisme devrait exister ici depuis 2004!)

Élaboration d'un programme de réhabilitation, c'est-à-dire d'un programme de préservation et de renouvellement qui concerne tout le quartier (donc pas seulement la partie protégée, mais toute la zone délimitée par le boulevard Károly – la rue Andrássy – les boulevards Teréz et Erzsébet et la rue Rákóczi, qui constitue un ensemble organique). Antérieurement ou parallèlement à l'élaboration de ce programme, il est important d'élaborer un plan des déplacements urbains ayant pour objectif une diminution du trafic dans le quartier.

Ce programme de réhabilitation doit être débattu dans le cadre d’une consultation publique élargie. Il doit mener à l’élaboration d'une réglementation fine et axée sur les valeurs du quartier.

Pour que les changements produits dans le quartier soient vraiment axés sur la création et la préservation des valeurs et qu'on puisse agir dans l'intérêt des gens qui y vivent, on doit créer sur place et dès le début - donc déjà pendant la période de l'élaboration du programme et du plan de renouvellement - un Bureau de gestion et de coordination indépendant qui va s'occuper uniquement du futur du quartier et qui sera capable de coordonner la multitude des éléments, des possibilités, des intérêts, des acteurs, des programmes, des appels d'offres liés à la réhabilitation du quartier juif.

Hors du bureau de coordination on a besoin d'un corps consultatif composé d’experts et de représentants des organismes non gouvernementaux (associations), qui puisse ainsi également exercer un contrôle social.

Il est encore nécessaire que le plan et les règlements d’urbanisme de la capitale (FSZKT, BVKSZ) traite les quartiers protégés de façon différenciée, que la réglementation adoptée concernant la protection du paysage urbain et la densité du bâti soit unanimement sévère. Il est nécessaire que la capitale diminue radicalement la valeur du coefficient d'occupation des sols et de la densité du bâti dans les quartiers situés à l’intérieur du boulevard circulaire (Nagykörút) ainsi que dans les quartiers historiques situés en decà. (Au lieu d'un coefficient d'occupation des sols de 6, un coefficient maximum de 3-3,5, comme à Paris) et au lieu de la densité du bâti de 80-85% une densité de 60%, max. 70%). Elle doit augmenter simultanément la proportion d’espaces verts obligatoire, limiter la circulation automobile, ne pas tenir compte du règlement national sur le nombre de places de stationnement obligatoire par parcelle. Elle doit lancer l’élaboration d’un programme réaliste qui puisse être mis en application, non pas dans 10 ans mais dans 1-2 ans, visant à diminuer le trafic dans tout le centre-ville et la limitation de la circulation et du stationnement.

Pour la rénovation des quartiers historiques, pour la réalisation du Programme de préservation et de renouvellement on a besoin - en dehors de la réglementation juridique du Plan de gestion - de l'élaboration d'une loi concernant le renouvellement et la réhabilitation de la capitale, qui définirait les modalités, la mesure, le caractère de la participation obligatoire de la capitale et de l'Etat. Cette loi mettra fin à cette situation inadmissible créée par la loi sur les municipalités, qui permet à une municipalité d'arrondissement de ruiner, allant même jusqu’à démolir en quelques années, pour des intérêts matériels à court terme, le quartier historique, formé pendant des siècles et qui lui a été confié.

Reactive monitoring of the jewish quarter

November 07, 2007 08:02 am | UNESCO and the International Council of Protected Monuments, ICOMOS, are sending an expert to Budapest to conduct "reactive monitoring," a professional procedure to review Andrássy Avenue, a World Heritage site, and the city's old Jewish quarter adjacent to it, the national cultural heritage authority (KÖH) told MTI on Wednesday  

Michel Polge, a member of ICOMOS' historical cities and villages committee, is scheduled to look into development plans and review current construction projects in Pest's Districts VI and VII, with special regard to complaints sent to UNESCO by NGOs, KÖH press chief Katalin Rona said.

"Excessive demolition and other changes may compromise the overall value of Andrássy Avenue by altering the cultural and architectural character of the site, for which it was included among World Heritage sites in 2002," said a statement texted by KÖH.

During his visit, between Nov 5 and 7, Polge was due to meet officials including the national chief architect, representatives of the Budapest districts where the site is located and members of the concerned NGOs.

Budapest has two other World Heritage sites: the Castle District on the Buda side of the Danube and the architecture along the embankments of the Danube river in the city center.

Earlier this year, the local government of Budapest had to give up its plans to broaden the lower embankments of Buda, because of the World Cultural Heritage protection of the Buda Castle, while being part of the World Heritage is a crucial argument for protesters in the Tokaj wine region, (150km northeast of Budapest) against a power plant planned in the neighborhood of the nearby city of Szerencs.

Source Budapestsun.com

Ellenőrzik a zsidó negyedet

A Világörökség Magyar Nemzeti Bizottság Titkársága és Budapest főváros közös meghívására hétfőn háromnapos látogatásra Budapestre érkezik az UNESCO Világörökség-bizottság és az ICOMOS, azaz a Műemlékek és Műemléki Együttesek Nemzetközi Tanácsa szakértője, Michel Polge építész-urbanista.

A hivatalos, úgynevezett "reactive monitoring" látogatás célja, hogy a szakértő tanulmányozza a budapesti világörökség-helyszínek, különösen a régi pesti zsidó negyed (azaz a Belső-Erzsébetváros és Belső-Terézváros) állapotát. Megvizsgálja a történeti városrészt érintő szabályozási terveket, értékeli a folyamatban lévő városrendezési lépéseket, különös tekintettel a civil szervezetek által kifogásolt intézkedésekre. Mint ismeretes, a városvédők szerint a túlzott bontások, átalakítások egyebek között veszélyeztetik az Andrássy úti világörökségi helyszín kiemelkedő egyetemes értékét, a helyszín építészeti és kulturális karakterét, mely a világörökségi listára felvétel alapja volt 2002-ben.

Michel Polge a helyszín bejárása mellett találkozik az illetékes állami és önkormányzati szervek képviselőivel, valamint a civil szervezetek vezetőivel, majd jelentést ad az ICOMOS párizsi központjának.

Mint emlékezetes: a főváros nemrégiben a világörökség veszélyeztetése miatt volt kénytelen elállni a budai alsórakpart szélesítésétől, és az UNESCO védelme nyomós érv a Tokaj-vidéki erőmű-beruházás ellenzőinek kezében is.

Source Népszabdság du 2 novembre 2007

22/11/2007

Le sort du vieux quartier juif de Budapest, sa situation actuelle - un article d'Anna Perczel - II - Que faut-il faire ?

 

II - Que faut-il faire?

 

D’abord il est nécessaire d’offrir une réelle protection à ce quartier! Il faut que le Plan de Gestion du site protégé UNESCO, prescrit au niveau international et qui s’adresse aussi à la zone tampon à laquelle appartient depuis 2005 le quartier juif, soit pris au sérieux par le(s) arrondissement(s) et l'Office du patrimoine (K.O.H.). Il ne s’agit pas de protéger seulement quelques bâtiments classés monuments historiques, mais le paysage urbain, le tissu urbain, la densité existante du bâti, les traditions, la culture, et, en lien avec tout cela, les habitants du quartier. Car on ne peut pas réfléchir sérieusement au futur d’un quartier, si en même temps s’y déroule un déplacement forcé de population, une construction massive de nouveaux bâtiments déprimants et sans qualité, et si les derniers espaces verts sont détruits.

Dans un tel quartier, où les traditions, la religion et la culture ont joué un rôle tellement déterminant, on ne peut pas se permettre de déplacer massivement les habitants, d’une part en démolissant en série les immeubles d’habitation, d’autre part en vendant les immeubles protégés à un seul propriétaire, détruisant ainsi la communauté des habitants, supprimant le tissu commercial (le réseau des petits commerces), les traditions.

Là où des rues entières ont déjà été détruites, c’est un crime de continuer les démolitions (voir rue Holló, rue Kazinczy et ce qui se prépare rue Dob).

Il ne faut pas regrouper des parcelles (rue Dob 23–25–27.), ou accorder le permis de construire à des bâtiments qui ne correspondent pas à l'échelle du quartier, avec un C.O.S. (coefficient d'occupation du sol) ) et une hauteur du bâti très différents de l'existant, et de qualité architecturale plus que médiocre (un exemple parmi beaucoup d'autres: 6 rue Holló, où un parking de 6 ou 7 étages est en train de se construire entre des bâtiments protégés de 1 et 2 étages, avec une emprise au sol de 100 %). Dans ce quartier aux rues étroites, presque sans aucun espace vert, la forte augmentation de la densité du bâti est inacceptable ; cela mène nécessairement à la suppression du peu d’espaces verts encore existant et à l’augmentation de la circulation automobile. On ne peut que s’indigner de voir la pauvreté, tant de la qualité des matériaux utilisés que de celle de l’architecture ( voir Holló-ház, 30–32 rue Dob, ou Eszter-ház actuellement en construction). Par ailleurs cette construction massive de logements n'est accompagnée que d'une seule fonction nouvelle : les stationnements, en sous-sol ou dans des bâtiments.

Le vieux quartier juif de Budapest se trouve dans la zone tampon du site de l’UNESCO de l’avenue Andrássy depuis 2002. Depuis 2004, grâce à l'action de l'association ÓVÁS!, le quartier est protégé en tant que « zone d’importance patrimoniale » (Mûemléki Jelentôségû Terület, MJT). La réhabilitation du quartier fait partie du plan Podmaniczky de la capitale. Pourtant, chaque bâtiment construit dans la première moitié du XIXe siècle qui n'est pas protégé individuellement est en danger (il s'agit de 20 à 25 bâtiments). Parmi ceux-ci, entre autres, au 14 et 18 rue Dob, les bâtiments classicistes d'un étage, jouxtant la cour Gozsdu, et formant avec celui-ci un ensemble harmonieux.

Cette situation est incompréhensible et inadmissible, d'autant plus que la présence d'ensembles de vieilles maisons d'habitation (1810–1875) qui donnent l'ambiance du Pest classiciste du 19-ème siècle ne se retrouve qu'ici et au centre-ville. Cependant, de telles solutions continuent à être préconisées non seulement dans les plans d'urbanisme précédents toujours en vigueur, mais aussi dans les nouveaux plans préparés depuis la déclaration de la protection (voir le plan d'aménagement concernant quatre ilôts de l'allée Madách qui a été approuvé en 2005, réalisé par Mûhely Kft., Nagy Béla). L'ambiance des rues, le caractère du quartier sont ainsi toujours en danger. Les locataires du quartier vivent toujours sous la menace d’une expulsion.

On n'a pas encore commencé à rédiger un plan nouveau, ni même un programme, qui prendrait le vieux quartier juif et ses habitants en considération et qui réfléchirait à la réhabilitation de ce quartier en le considérant comme une unité homogène à protéger en tant que patrimoine culturel et architectural. Dans les plans d'aménagement en vigueur actuellement on n'a pas formulé encore les exigences qui concernent la qualité et l'esthétique des bâtiments.

Il n'y a aucun plan ou programme qui proposerait la diminution du trafic automobile se dirigeant vers ce quartier ainsi que vers le centre-ville, sa limitation radicale ou même la réalisation d'un centre-ville sans voitures.

21/11/2007

Sauvons le quartier juif de Budapest !- Un article du Petit journal de Budapest

Société - Sauvons le quartier juif de Budapest !-
Le 1er février dernier, Jean-Pierre Frommer, président de l'Association des mardis hongrois de Paris écrivait à Francesco Bandarin, directeur du Centre du Patrimoine mondial de l'UNESCO afin d'attirer son attention sur la situation dramatique de l'ancien quartier juif de Budapest. Il juge irrémédiables les dégâts causés à ce quartier tant sur le plan du patrimoine architectural et urbanistique de cette capitale européenne que sur le plan du patrimoine culturel et historique mondial.
Il relaie ainsi l'inquiétude de l'association hongroise OVAS ! qui stigmatise les destructions aussi bien que les constructions de qualité médiocre qui se multiplient. En 2005, l'Office hongrois des Monuments historiques (KÖH) a d'ailleurs classé "monument historique" cette zone jouxtant le secteur répertorié au patrimoine mondial de l'UNESCO. Il faut croire que cette lettre et une pétition ayant recueilli de nombreuses signatures ont eu de l'effet puisque le Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO a décidé d'envoyer une mission d'experts. Celle-ci  a séjourné à Budapest du 5 au 7 novembre 2007 et a pu constater la réalité des faits, rencontrant toutes les parties concernées, institutions et associations. Elle devra remettre dans les prochaines semaines un rapport à l'UNESCO comportant un diagnostic et sans doute des propositions. Ce rapport peut éventuellement déboucher sur une mise à l'ordre du jour lors de la prochaine réunion annuelle du Comité du patrimoine mondial en juillet 2008. Une procédure tendant à déclarer en état de péril le site inscrit au patrimoine serait alors engagée. Inutile de dire que le combat continue, poursuite de la campagne de signatures et mobilisation de l'opinion publique internationale. Jean-Pierre Frommer adressera prochainement des courriers accompagnés de la pétition, au Premier ministre Ferenc Gyurcsány, au ministre de la Culture, au maire de Budapest et au président de l'Office du patrimoine hongrois. Espérons que ces demandes aboutiront et que ce quartier historique sera sauvé !
C. Dehalle (www.lepetitjournal.com - Budapest) mercredi 19 novembre 2007

Source Lepetitjournal.com

Le sort du vieux quartier juif de Budapest, sa situation actuelle - par Anna Perczel - I - Présentation

Nous entreprenons ici la publication d'un article d'Anna Perczel, architecte, l'une des animatrices de l'association Ovás!. Cet article est paru dans la revue Mult és jövö (Passé et futur). Ce long article fera l'objet, comme un feuilleton, de plusieurs livraisons étalées sur quelques jours, le temps de mettre au point une traduction quasiment achevée.

 

 

Le sort du vieux quartier juif de Budapest, la situation actuelle


I - Présentation

 

Il y a deux choses dans un édifice, son usage et sa beauté; son usage appartient au propriétaire, sa beauté à tout le monde, c'est donc dépasser son droit que le détruire.” Victor Hugo

 

Le vieux quartier commerçant juif de Budapest – bien que sur la carte ce ne soit que l'un des nombreux quartiers de la capitale – constitue un espace et une valeur culturels déterminant du point de vue historique et particulièrement importants pour la capitale, le pays et le monde. Le sort dévolu à ce quartier de Budapest, oublié pendant de longues décennies, exposé au dépérissement, destiné depuis quelque temps à la démolition intentionnelle au lieu de sa rénovation, ne peut laisser personne indifférent.

La constitution et le développement des quartiers juifs historiques se sont toujours étroitement mêlés à la culture, à la tradition et à la religion – de même qu'à l'esprit d’innovation. Les rues, l'ambiance, les édifices des quartiers juifs des villes européennes conservent et représentent tout cela d'une manière concentrée. Leur attraction est tellement grande et rayonnante que leur conservation et leur réhabilitation vont partout de pair avec une vie culturelle, touristique et économique florissante. En gardant leur caractère d'habitat et en aidant le développement de la vie culturelle en parallèle avec la réhabilitation graduelle des édifices, on a abouti à cela, même dans les villes où il n'y avait plus de population juive à cause de l'Holocauste.

Le quartier juif de Budapest est, par contre, un lieu vivant encore de nos jours. La présence de la communauté juive - même si elle a été tragiquement réduite - est continuelle ici depuis presque deux cents ans. La vie juive de la capitale (et du pays) se concentre ici. Et malgré l'état d'abandon et la dégradation graduelle du quartier, une partie importante du tourisme étranger à Budapest s'y dirige. La beauté et l'importance de ses synagogues, l'ambiance particulière de ses rues, le charme de ses édifices XIXème et art nouveau constituent une attraction pas seulement pour les étrangers mais aussi pour les jeunes. Le quartier est également un lieu de mémoire historique. Presque tous ses édifices, toutes ses pierres évoquent le ghetto établi ici en 1944. On y trouve la plupart des monuments à la mémoire des victimes de l'Holocauste et des personnes exceptionnelles qui ont sauvé des Juifs.

La communauté juive budapestoise, numériquement significative, a eu depuis le XIXème siècle un rôle essentiel dans le développement de la vie spirituelle, culturelle et économique de Budapest, dans la formation de son aspect architectural actuel. La capitale ainsi que le pays se doivent de conserver les lieux et les places de ce quartier unique en Europe et soutenir les initiatives culturelles des communautés juives existantes et renaissantes. Ici, contrairement à d'autres villes comme Cracovie, Berlin, on ne doit pas recréer, il suffirait de soutenir le développement des traditions et de la vie culturelle .

Au lieu de détruire les rues caractéristiques, l'ambiance particulière et les fonctions traditionnelles, on devrait chercher - même du point de vue des investissements - les possibilités de développement avec prise en compte à long terme des valeurs architecturales et culturelles présentes, en les utilisant de manière créative - comme dans tant d'autres villes européennes.

Les grandes villes européennes ont résolu différemment, selon leurs caractéristiques spécifiques, le problème de la revitalisation de leurs quartiers juifs détériorés - mais toutes les villes ont résolu le problème en le liant à la tradition et à la culture. Elles ont réfléchi selon un seul point de vue et elles ont agi de la même manière: elles n'ont pas démoli, elles ont réhabilité de manière continue. Si nécessaire, elles ont complété, ont donné un autre sens aux édifices dégradés ou abandonnés. Elles ont rejeté le développement des grands ensembles sans caractère qui apportent des bénéfices à court terme, et elles ont offert leur chance aux nouveaux événements porteurs de culture, aux changements qui respectent et renforcent le passé historique, les traditions religieuses et culturelles.

Il vaut la peine d'examiner les résultats de cette politique à Cracovie, Berlin, Paris, Prague ou dans des villes plus petites (voire dans des bourgs hongrois). Ce type de réhabilitation urbaine a été partout couronné de succès, voire de succès économique. Naturellement le vieux quartier juif de Budapest pose aussi des problèmes semblables à ceux des autres quartiers historiques de la capitale. Parmi ces problèmes, on peut citer le mauvais état de beaucoup d'édifices, les difficultés de circulation et de stationnement, le manque d'espaces verts et la charge pour l'environnement qui en résulte.

18/11/2007

Le point de la situation au 18 novembre 2007

La mission d'expertise de l'UNESCO promise il y a quelques mois, a bien eu lieu du 5 au 7 novembre 2007. Selon nos amis d'Ovás! l'expert de l'UNESCO a pu bien entendu se rendre sur le terrain, constater la réalité des faits et rencontrer semble-t-il toutes les parties concernées, institutions et associations. Il devra remettre un rapport à l'UNESCO dans les prochaines semaines comportant un diagnostic et sans doute des propositions. Ce rapport peut éventuellement déboucher sur une mise à l'ordre du jour de la prochaine réunion annuelle du Comité du patrimoine mondial en juillet 2008, d'une procédure tendant à déclarer le site inscrit au patrimoine, en état de péril. Ce rapport permettra peut-être aussi de trouver des solutions et d'infléchir la politique des décideurs locaux.

Ce premier succès de notre action conjointe avec l'association hongroise Ovás! ne doit pas nous faire perdre de vue que la situation est en train de s'aggraver.
Voici des extraits de quelques messages que j'ai reçus ces derniers jours.
"La situation dans le quartier juif est pire qu'elle n'a été jusqu'à présent. Les autorités n'associent personne aux tractations qu'elles mènent à propos des démolitions. ...Budapest-capitale s'apprête à accepter le nouveau plan d'urbanisme, car il le juge meilleur que le précédent, mais les règles concernant le coefficient d'occupation du sol * ne changent pas et les décisions déja prises, les autorisations de démolir et de construire accordées ne sont pas remises en question. Ce qui signifie, en ordre de grandeur, des dégâts au minimum équivalents à ce qui s'est produit jusqu'à présent."
Voici un extrait d'un autre message d'un habitant, qui constitue un véritable appel au secours.
"... la Mairie du VIIème, sans en informer ni les locataires, ni le public, a vendu, en assemblée restreinte un bâtiment complet de 2670 m2 au prix de 250 Millions de HUF (1 million d'euros). La Mairie justifiait ce prix par une obligation faite à l'acquéreur d'indemniser les locataires.
Ensuite ce sont les propres services de la Mairie ou des sociétés de services dans lesquelles elle possède des intérêts ou qui sont déjà prestataires de services pour elle qui ont organisé les démarches nécessaires à l'acceptation par le Bureau du Patrimoine et par la Mairie principale de cette vente. Les magasins locataires à titre professionnel se sont vu dénoncer par la mairie leur contrat de bail sans aucune indemnité, avec uniquement 1 an de préavis.
Les locataires d'appartements qui sont toutes des personnes en situation précaires (retraités,...) , incapables financièrement et moralement de s'organiser pour défendre leur droits, se voient démarchés continuellement et mis devant un fait qu'on veut leur faire croire comme accompli. Ceux-ci n'ont pas bénéficié comme les autres Hongrois des facilités faites à l'accession à la propriété, étant par "malchance" locataires d'appartements classés au titre du patrimoine hongrois....
Un bâtiment classé c'est joli , il faudrait le protéger lui et ses habitants d'origine. Sans votre soutien je ne pense pas que nous pourrons nous pourvoir en appel, nous avons en face de nous des forces qui nous dépassent.
Nous avons un besoin urgent de ressources humaines."
Bien d'autres faits inadmissibles méritent qu'une protestation internationale parvienne aux autorités hongroises. Certains de ces faits sont rapportés sur le blog
http://sauvezbudapest.hautetfort.com/ où nous essayons de rassembler les témoignages et la documentation. Un exemple consternant : la démolition, avec l'accord du maire de l'arrondissement et du représentant de l'Office du patrimoine hongrois, afin de faciliter la construction d'un immeuble de 7 étages, du dernier vestige de l'ancien mur du ghetto construit par les Allemands en 1944 pour parquer les Juifs avant leur déportation. Les pierres du vestige ont été ... revendues par l'entreprise de démolition.
Le nombre des signataires de la pétition au Directeur du Patrimoine augmente chaque jour, il atteint aujourd'hui 295 signataires.
Dans ces conditions, il nous faut poursuivre la campagne de signatures et la mobilisation de l'opinion publique internationale jusqu'à l'arrêt des démolitions sauvages et le démarrage d'études d'urbanisme permettant la sauvegarde du patrimoine et le développement du quartier.
Nous adresserons prochainement des courriers accompagnés de la pétition, au premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsány, au ministre de la culture, au maire de Budapest et au président de l'Office du patrimoine hongrois.
*Le coefficient d'occupation du sol qui détermine la densité de construction admise est le rapport exprimant le nombre de mètres carrés de plancher hors oeuvre nette ou le nombre de mètres cubes susceptibles d'être construits par mètre carré de sol

07/11/2007

L'infâmie : destruction du dernier vestige de l'enceinte de l'ancien ghetto de 1944

IMMEUBLES MUTILÉS DANS LA ZONE DE PROTECTION (ZONE TAMPON)

15 rue Király

Extrait du dossier accablant constitué par l'Association Ovás!

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Année de construction : 1848 – 53
Architecte – Concepteur : Ágoston Pollack
Maître d‘ouvrage : József Splényi attaché à la cour impériale, royale
Description : immeuble d‘habitation de trois étages avec deux cours, de style classiciste, en limite arrière de parcelle avec le bâtiment il y avait une clôture massive constituée de murs composites. En 1944, c‘est ici que s‘étendait la limite du ghetto, c‘est pourquoi, il avait été surélevé à l‘époque de dalles de béton, de crochets de fer et de fils barbelés.
Année de démolition de la clôture : 2005.
Au moment où la parcelle voisine s‘est construite (immeuble de sept étages avec garage sous-terrain) les habitants de l‘immeuble se sont tournés vers le KÖH et le maire du VIIème arrondissement, György Hunvald, pour leur demander de ne pas laisser détruire le seul vestige restant à leur connaissance du mur du ghetto au profit de la construction voisine. Le représentant du KÖH (rapporteur responsable pour le VIIème arrondissement) et le maire, György Hunvald, ont personnellement pris l‘emplacement en considération. Ils ont alors tous deux tranché contre l‘avis des habitants, estimant que c‘était sans valeur et que cela pouvait être détruit. La société Autóker Holding l‘a ainsi fait démolir en 2005. ÓVÁS! n'ayant pris connaissance de ces faits qu'à la fin de l‘année 2006 a sauvé, avec l‘aide du gérant, en les déposant dans un local vide, une partie des anciennes briques marquées restées sur place (parce que les démolisseurs avaient emporté et revendu les pierres et la majeure partie des briques marquées).
Situation actuelle : sans changement. En janvier 2007, au moment où le scandale a éclaté, ÓVÁS! a reçu la promesse du rapporteur du KÖH et de Tamás Fejérdy le dirigeant du secrétariat hongrois du Patrimoine mondial que l‘ancienne limite du ghetto serait remise à jour et protégée. Nous n‘avons pas connaissance de la remise à jour, et la protection n‘est pas intervenue à ce jour.

01/11/2007

Lettre ouverte signée par 31 savants et chercheurs à Monsieur Tordai

A l'attention de M. Tordai
ex-président de la communauté juive de Budapest
et entièrement impliqué dans le projet immobilier jouxtant la Synagogue de la rue Dohány

Nous, savants, invités au congrès "Architecture juive en Europe" à Braunschweig du 8 au 11 octobre 2007 nous avons été mis au courant du projet précité.
Nous voudrions vous suggérer à tous de reconsidérer votre projet, sa pertinence par rapport à la proximité de la Synagogue, les nombreuses tombes et le Mémorial de l'Holocauste.

Beaucoup parmi nous serions prêts à vous assister pour trouver une solution convenable, monter un dossier qui serait approprié à l'extraordinaire emplacement d'un point de vue artistique, historique et de sa signification mémorielle.

Braunschweig le 11 octobre 2007

To Mr. Tordai
former president of the Jewish Comunnity of Budapest
and all involved into the housing project adjacent to the Dohány street Synagogue

We, scholars, invitees of congress „Jewish Architecture in Europe” in Braunschweig October 8-11. 2007 got acquainted with the aforementioned prject.

We would like to suggest to all of you to reconsider this project, its suitability to the environs of the Synagogue, mass-graves and Holocaust Memorial.

Many of us would be pleased to assist you to find a suitable solution, create a brief that would be appropriate to the extraordinary artistic, historic, and memorial significance of the location.

Braunschweig, 11th 10. 2007.

Prof. Dr. Bezalel Narkiss, The Hebrew University of Jerusalem, Center of Jewish Art, honorary president
Prof. Dr. Aliza Cohen-Mushlin, The Hebrew University of Jerusalem, Center of Jewish Art, president
Prof. Dr. Harmen Thies, Technische Universität Carolo-Wilhelmina, Bet Tfila, Head
Prof. Dr. Dominique Jarrassé, Bordeaux, France
Prof. Dr. Samuel Gruber, Syracuse, NY USA, World Monument Fund,
Prof. Dr. Rudolf Klein, Szent István Egyetem, Ybl Miklós Építéstudományi Kar
Prof. Dr. Ralf Busch, Hamburg, Germany
Dr. Sharman Kadish, Jewish Heritage, UK
Dr. Vladimir Levin, Jerusalem, Israel
Dr.-Ing. Katrin Keßler, Jerusalem
Dr.Ing Ulrich Knufinke, Braunschweig, Germany
Dr. Eleonora Bergman, Warsaw, Jewish Museum, President
Dr. Alla Sokolova, St. Petersburg, Russia
Dr. Isabel Haupt, Zürich
Dr.-Ing. Sné Paer TV Braunschweig
Assumpeio Hosta, Grona, Spain
Dipl. Ing. Brigitte Thies, Braunschweig
Z. Arshavsky, Jerusalem
Anastasia Hazan, Sofia
Elko Hazan, Sofia
Dipl.-Ing. Ingolf Herbarth, Braunschweig, Germany
Dipl. Ing. Archit. Amalia Reisenthel, München
Monika Kahly Efest
Pielün Schuen
Maros Borsky, Bratislava
Dr. Sabine Sorg (DUK)
Satoka Tanaka M. A. Wien
Christine Horskötter-Brüssow, Düsseldorf
Dr.-Ing. Des Tobias Lamey, Aachen, Germany
Joachim Franl OS+R. Jeesen D 38723
Ana Karin Bäumler M. A, TV Wien

23/10/2007

Lettre ouverte au Ministre de l'Education et de la culture

Dans la lettre ouverte ci-dessous, l'association Ovás! demande au Ministre de l'Education et de la Culture d'apposer sa signature sur le projet de décret de classement pour 22 bâtiments que l'Office de défense du patrimoine culturel (KÖH) a jugé dignes d'être sauvegardés.

La lettre précise que c'est la première fois que le ministre ne suit pas une recommandation des experts du KÖH, en refusant de signer ou en laissant s'écouler les délais de signatures d'un projet de classement et qu'il s'agit là d'une pratique contraire à ce qui se passe au plan européen.

Nyílt levél Hiller István oktatási és kulturális miniszterhez

Tisztelt Miniszter Úr!

A régi pesti zsidónegyed értékeinek megmaradásáért küzdő ÓVÁS! Egyesület aggodalommal értesült arról a tényről, hogy a Kulturális Örökségvédelmi Hivatal által 2006-ban egyedi műemléki védelemre felterjesztett VII. kerületi épületek nem kapták meg a műemléki védettség életbe lépéséhez szükséges miniszteri ellenjegyzést. Ismereteink szerint a probléma jelenleg 22 házat érint a VII. kerületben.

A Kulturális Örökségvédelmi Hivatal szakhatóságként a szükséges eljárást lefolytatta, és a felterjesztett épületeket műemléki védelemre érdemesnek találta. Szokatlan és az európai gyakorlatnak ellentmondó lépés a minisztérium részéről, hogy a miniszteri aláírás megtagadásával vagy halogatásával felülbírálja az örökségvédelmi szervek szakmai alapú javaslatát.

A régi pesti zsidónegyednek nevezett városrész 2002 óta Budapest világörökségi területének védőzónája, a hatályos jogszabályok szerint 2005 óta Műemléki Jelentőségű Terület. A negyedet az elmúlt öt, de az utóbbi három évben is a legmagasabb szintű jogi védettség ellenére rendkívül súlyosan károsították az indokolatlan, rövid távú üzleti célokat szolgáló bontások. Eddig 12 értékes házat bontottak le – a Síp utca 8 és 10 esetében például műemléki védelem alatt álló házak estek áldozatul a féktelen „ingatlanfejlesztési” vágynak. További 16 épület bontása, vagy gyökeres átalakítása várható. A műemléki védelemre váró 22 épület között sok olyan ház található, melynek megmaradására kizárólag az egyedi műemléki védelem jelent garanciát. A területi védelem – az örökségvédelmi törvény hiányosságai miatt – a bontások ellen hatékony védelmet nem nyújt.

Tarthatatlan állapot, hogy magyar állam nem tesz eleget a védett területekre vonatkozó, az UNESCO által előírt kötelezettségeknek. Az UNESCO a világörökségi területekre és védőzónájukra egységes szerkezetbe foglalt Kezelési Terv készítését és Kezelő Szervezet felállítását teszi kötelezővé a listára kerülés után két éven belül – ez a határidő 2004-ben lejárt.

A Budapesti Világörökségi Területekre és védőzónájukra vonatkozó Kezelési Terv 2005 végére elkészült, de nincs se törvénybe iktatva, se rendeletbe foglalva. Elvárásait sem az érintett önkormányzatok, sem az Örökségvédelmi Hivatal nem tartja magára nézve kötelezőnek a bontási és építési engedélyek kiadásakor. Pest régi zsidó negyedében és közvetlen környezetében épp 2002 óta rendkívül gyors és intenzív változások zajlanak, belső tömbjeiben a változás mértéke már több helyen eléri a 40%-ot! A helyzet botrányos! Ezen az úton haladva Budapest elveszítheti világörökségi címét.

E folyamat újabb elrettentő példája, hogy a Dohány utcai zsinagóga tőszomszédságában műemlékként védett épületek bontása után kilencemeletes házak épülhetnek. A zsinagóga eltörpül e hatalmas épülettömegek mellett, környezete igénytelen lakótelep jelleget ölt, az új beépítés látványa sérti és megzavarja a holokauszt áldozatai emlékére kialakított parkot. Mindezt pontosan az emlékezés fűzfája mellől lehet majd leginkább érzékelni

Kulturális miniszterként az Ön felelőssége, hogy a Műemléki Jelentőségű Területként védett régi pesti zsidónegyed, a 19. és 20. század során kiépült, közös magyar-zsidó múltat képviselő kivételes épületegyüttes a jövő nemzedék számára egységes városrészként, hitelesen maradjon fenn.

Az ÓVÁS! Egyesület ezért kéri Önt, írja alá a műemléki védelemre felterjesztett házak védetté nyilvánítási rendeletét, és sürgősen tegyen intézkedéseket a Kezelési Terv törvényi, vagy rendeleti érvényesítésére, a Kezelő Szervezet felállítására. Kérjük, találja meg a módját annak, hogy a zsinagóga környezetében a jelenlegi tervek megváltoztatásával a hely jelentőségéhez méltó épületegyüttes szülessen.

Budapest, 2007. október. 21.

Tisztelettel

ÓVÁS! Egyesület

Melléklet

Műemléki védelemre előterjesztett házak listája a VII. kerületben

 

  1. Damjanich u. 35.

  2. Akácfa u. 61.

  3. Csányi u. 5.

  4. Dob u. 18.

  5. Akácfa u. 30.

  6. Kazinczy u. 14.

  7. Damjanich u. 3-5.

  8. Klauzál tér 13.

  9. Klauzál tér 11.

  10. Wesselényi u. 32.

  11. Akácfa u. 38.

  12. Dob u. 51.

  13. Akácfa u. 43.

  14. Wesselényi u. 38.

  15. Wesselényi u. 40.

  16. Kertész u. 22.

  17. Kertész u. 24-28.

  18. Kertész u. 30.

  19. Dob u. 53.

  20. Dob u. 55.

  21. Akácfa u. 8.

  22. Klauzál u. 21.