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11/06/2007

Plusieurs quartiers sont menacés, ainsi que des institutions.

  

Budapest  2007 : La fermeture annoncée de la « Maison Jaune » (Lipotmezö, II°), et Lonyay utca, 26 (IX°) qui ne fait pas partie du quartier juif, mais à coup sûr du Budapest menacé.

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Depuis plusieurs mois au moins, la rumeur courait que les bâtiments et le parc de la « Maison Jaune », connue aussi sous le nom de « Lipotmezö » et plus officiellement sous celui d’OPNI (Institut National de Psychiatrie et Neurologie), allaient  être vendus à des intérêts privés.

 Le sort de cette vénérable Institution, fondée en 1868, est malheureusement maintenant scellé, le gouvernement hongrois (à majorité socialiste) ayant décidé sa fermeture au 31 mars 2007. Bien sûr, lorsque la menace s’est précisée fin 2006, les médecins, mais aussi les patients et leurs familles, ont multiplié les interviews et les manifestations pour protester contre ce projet aux conséquences particulièrement catastrophiques, mais il semble que rien n’ait pu faire fléchir le Docteur Lajos Molnar, Ministre de la Santé en exercice.

 Les témoignages de collègues et des informations recueillies dans la presse hongroise (par Internet) ne laissent aucun doute sur l’ampleur du désastre à venir : tout le monde doit « dégager », les patients seront répartis dans d’autres hôpitaux, les équipes vont être dispersées et  les médecins ne savent pas où ils vont aller. On imagine les conséquences sur la plan sanitaire, sachant que Lipotmezö compte plus de huit cents lits, avec des services de psychiatrie active, d’addictologie, de prise en charge des accidents vasculaires cérébraux, de réinsertion, un atelier très actif d’Art-thérapie, sans oublier des secteurs de recherche, notamment en génétique. « Lipotmezö » abrite aussi un Musée avec des collections étonnantes d’œuvres de patients du début du 20ème  siècle et une toute nouvelle Galerie d’art pour les œuvres des patients d’aujourd’hui.  S’y trouve également une riche bibliothèque.

 Au total, c’est un lieu de soins psychiatrique vieux de 140 ans, avec une tradition clinique incluant la psychothérapie institutionnelle, bref un élément essentiel du patrimoine européen sur le plan médical et architectural, qui va irrémédiablement disparaître, victime de la politique ultralibérale de la Hongrie actuelle.

Pour mémoire, on trouve dans le magnifique parc deux arbres plantés en 1886 par l’Impératrice Elisabeth d’Autriche, Reine de Hongrie, très connue sous le nom de Sissi. On se souviendra aussi avec tristesse  du livre d’Istvan Hollos, Mes Adieux à la Maison Jaune, paru en 1927 à Budapest et réédité par le Coq-Héron en 1986…

 

Jean-Yves Feberey (psychiatre psychanalyste, Nice-Pierrefeu-du-Var)

Dernière minute : il semblerait que la fermeture effective soit un peu différée, et que les patients en cours de traitement puissent achever leur cure.

 

20/03/07 pour la revue Le Coq Héron